Aoûtiens, à vos livres d’histoire !

La couverture doit être votre premier critère de choix d'un livre. Ici, un bon livre.

La couverture doit être votre premier critère de choix d’un livre d’histoire. Ici, sans l’ombre d’un doute un bon livre.

Les Français lisent peu et lisent mal, toutes les enquêtes le prouvent (faites moi confiance, vous n’êtes pas obligé de les lire, ou alors faites-le en diagonale). Écrasés par le poids d’un quotidien vide de sens, ils se tournent vers la presse people et ou la télé-réalité. Les grandes vacances constituent l’occasion rêvée de changer ces mauvaises habitudes et de se plonger dans des ouvrages historiques de qualité. Aoûtiens, cet article est pour vous ! Si vous êtes juillettiste, ignorez simplement ce billet et retournez à Pôle emploi.

  • Histoire de l’Afrique, Patrick Cheule, 1 page : excellent ouvrage de synthèse sur le continent noir, fruit d’un remarquable travail de recherche. Ce livre très synthétique se heurte malgré tout à un problème : l’homme noir n’est pas encore entré dans l’histoire, malgré nos exhortations insistantes mais polies. Vous trouverez donc principalement des informations sur les Afrikaners.
  • Historiographie et épistémologie historique, Laurent Deutsch, 675 pages : alors que la pensée unique condamne les travaux de Laurent Deutsch, l’historien confirme qu’il est producteur d’un contenu scientifique remarquable. Le style est léché, et l’approche post-dialectique bouscule nos idées préconçues. De belles illustrations sur le régime de Vichy.
  • Guide 2014 du bricolage, Bruno Estienne, 245 pages : aucun lien avec l’histoire, mais j’avais un problème assez malplaisant avec les joints d’isolation de ma douche. Rassurez-vous, tout est réglé. J’attends encore que l’assurance me contacte pour le dégât des eaux, je vous tiendrai au courant.

        Fuyez les livres de vulgarisation trop généraux et au titre alléchant comme celui-ci, ils sont souvent source de déception

    Fuyez les livres de vulgarisation trop généraux et au titre alléchant comme celui-ci, ils sont souvent source de déception

  • Cauet, un destin français, Anatole Jusin, 7958 pages : les éditions Mourtel complètent leur catalogue biographique avec un beau portrait de l’animateur Sébastien Cauet. Ponctué d’anecdotes faubouriennes mais pas vulgaires, ce livre retrace l’ascension fulgurante de ce pur produit de la méritocratie républicaine. Tout y passe : les joies, les succès, mais aussi les doutes, les peines, ces petites tristesses qui pèsent mais vous font sentir vivant. Malgré le sérieux avec lequel est réalisé l’ouvrage et le talent certain du professeur Jusin, on regrette la piètre qualité des informations et l’absence totale de déontologie de l’auteur.
Attention à bien choisir vos livres d'histoire. Ici à droite un livre rédigé par un bolchévique pro-gender mélenchono-trotskiste. A gauche un livre par quelqu'un qui aime la France, tout simplement.

Attention à bien choisir vos livres d’histoire. Ici à droite un livre rédigé par un bolchévique pro-gender mélenchono-trotskiste végétarien. A gauche un livre par quelqu’un qui aime la France, tout simplement.

Note de la rédaction : il est possible que cet article soit publié en retard, l’auteur travaillant avec un forfait AoL 20 heures bas débit et un modem 56k Bauds, ce qui rend la mise à jour particulièrement longue et laborieuse.

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Portrait d’un entrepreneur : Gutenberg

Le premier livre imprimé par Gutenberg, " L'imprimerie pour les Nuls "

Le premier livre imprimé par Gutenberg,  » L’imprimerie pour les Nuls « 

La France n’aime pas ses entrepreneurs, qui sont pourtant le moteur de notre croissance et de la création de richesse. Comme l’a affirmé George Bush :  » Le problème avec les Français est qu’ils n’ont pas de mot dans leur langue pour désigner l’entrepreneur « . Cela n’est pas tout à fait exact, puisque le mot entrepreneur existe, mais tout de même, c’est un vrai problème. Or, ce sont des hommes guidés par un esprit d’initiative à toute épreuve qui ont forgé l’histoire. Étudions aujourd’hui le cas de Johannes Gutenberg, qui a inventé l’imprimerie à la seule force de sa volonté.

De nombreux historiens à côté de la plaque explique que Gutenberg a inventé l’imprimerie pour diffuser la Bible et les écrits théologiques au plus grand nombre, afin de diffuser les modèles de sainteté indispensables à la vie vertueuse du chrétien. C’est absurde. Gutenberg était bien davantage guidé par la recherche du profit que par je ne sais quelle fable moraliste mystique. Inventorions ensemble les raisons qui poussèrent Gutenberg a inventer l’imprimerie.

  • Gutenberg souffrait depuis des années de la crampe de l’écrivain, car il était copiste pour une charcuterie locale qui distribuait des parchemins publicitaires pour se faire connaître. Toute la journée il rédigeait à la main des flyers indiquant le prix des abats et les réductions au rayon triperie, ce qui provoqua bien vite l’apparition d’une dystonie segmentaire, c’est-à-dire une contraction incontrôlable et irrégulière d’un muscle donné. A l’époque, c’était le mal du siècle. D’où l’idée d’automatiser le processus de reproduction d’un document.
  • Gutenberg avait installé son entreprise à Mayence. Or cette ville mettait en place une politique de l’offre, et proposait un crédit d’impôt très avantageux pour les start ups. Gutenberg installa ses locaux dans une zone franche ce qui lui permit de déduire de ses frais imposables jusqu’à 18% de sa formation nette de capital brut. Sans cela, il n’aurait jamais pu inventer l’imprimerie : à Strasbourg, où la franchise fiscale non-cumulable n’était que de 6,5%, il n’a jamais rien inventé par exemple.
  • Gutenberg souhaitait devenir riche, comme tout le monde, pour en mettre plein la vue à ses proches, et enfin pouvoir quitter la classe populaire méprisable et vulgaire. C’est donc sa nature humain profondément égoïste et vénale qui l’a incité à innover, afin de pouvoir devenir rentier et impressionner les hübsche Frauen, c’est-à-dire les tendrons mayençaises, les petites pépés pas farouches et roulées comme il faut.
La première invention de Gutenberg, le gaufrier, fut un échec

La première invention de Gutenberg, le gaufrier géant, fut un échec

A une époque où la France est engluée dans la stagnation économique, tirons les leçons du passé pour relancer l’innovation et la création de richesse. L’exemple de Gutenberg nous apprend que l’innovation naît de la conjonction de trois facteurs : il faut souffrir d’une maladie professionnelle incapacitante, mettre en place une politique de baisse des charges et enfin encourager la vénalité et l’égoïsme. Or en France, aucune condition n’est réunie. Alors un peu de courage, innovons ! Comme le disait très justement Nicole Notat,  » Gutenberg n’a pas attendu le développement du marché du livre pour inventer l’imprimerie « . Et vous ?