Le scandaleux Tour de France 1934

1933_SpeicherLeducqComme vous le savez, j’adore le cyclisme. Non pas du fait des combishorts moulants portés par nos vaillants héros de la route ; non, je les trouve disgracieux et excessivement langoureux. J’aime le cyclisme car c’est un sport qui demande le courage, la souffrance et la rigueur morale qui manquent à notre pays, corrompu par le laxisme et le laisser-aller généralisé. J’aime le cyclisme car c’est un sport proche du terroir, de cette terre nourricière que travaillent avec l’énergie du vrai les Français depuis des générations. Alors lorsque j’ai appris que le Tour de France 1934 s’est joué sur une filouterie minable, mon sang n’a fait qu’un tour.

En effet, je travaille actuellement dans le fonds d’archives Gérard Holtz à la Bibliothèque nationale de France, dans le but d’écrire la biographie de cet homme au parcours fascinant. Mais mon travail a pris une tournure inattendue lorsque j’ai mis la main sur un petit livret estampillé Antenne 2. A l’intérieur, stupeur : j’ai découvert que le vainqueur du Tour de France 1934 n’était pas le Français Jean-Louis Bibart comme le prétend le palmarès officiel. Oui, la triche déjà, bien avant l’EPO.

Rappelons qu’en 1934, Hitler est au pouvoir en Allemagne, et qu’il souhaite par-dessus tout qu’un Allemand remporte la Grande Boucle. C’est pourquoi il met en place un programme dantesque pour améliorer les performances de l’équipe teutonne. Il engage le docteur Schwartz, qui révolutionne le cyclisme en proposant aux coureurs de s’entrainer s’ils le souhaitent en pratiquant régulièrement le vélo, afin d’augmenter leurs performances. Très vite, le jeune Hans Müller (surnommé le goujon de Hanovre) se met en évidence, remportant coup sur coup le Tour de Bavière puis la Flèche du Rhin. Du côté français, c’est bien entendu l’inquiétude qui prédomine, car on prend alors conscience que le Tour pourrait revenir à un Allemand.

Le podium du Tour de France 1934

Le podium du Tour de France 1934

C’est alors que le misérable José Merrieut, directeur technique national, met au point une manœuvre téméraire mais malhonnête : l’équipe française sera emmenée par un ours, grimé maladroitement en être humain. Si le procédé est déroutant, j’admets que la cause est noble, puisqu’il s’agit de défendre notre nation ; et autant je tolère qu’un homme n’aime pas son prochain, car c’est fort peu naturel, par contre j’abhorre de tout mon être ceux qui refusent le patriotisme le plus élémentaire.

L’ours est rasé de près, ses ongles sont coupés ras, et il enfile un maillot tricolore taille XXL au nom de Jean-Louis Bibart. Les journalistes n’y voient que du feu : lors des interviews, un ventriloque se place à côté de l’animal pour répondre de façon crédible ( » Chaque jour est une nouvelle étape, j’espère que tout se passera bien demain  » ou  » Ma victoire c’est d’abord la réussite d’une équipe « ). Et personne ne semble vraiment intrigué à la vue du directeur sportif qui lance des morceaux de viande de mouton à l’avant du peloton pour inciter l’ours à accélérer. Il paraît même que l’ours se faisait transfuser du sang humain pour améliorer ses performances.

Résultat : après trois semaines de course, l’ours possède six heures d’avance sur ses concurrents. Les spectateurs imbéciles et cocardiers célèbrent comme des veaux sa victoire sur les Champs-Élysées, élevant le vainqueur au rang de demi-Dieu. Et les Français, cons comme leurs pieds, tiennent leur sauveur, et foutre Dieu tant pis si ça pue la magouille à plein nez. Et bien désolé de pousser une gueulante, mais cette victoire a été acquise de façon dégueulasse par des Jean-foutres, par des pelles à merde et des peigne-culs, et comme beaucoup je me sens grugé bien comme il faut. Si d’habitude je suis producteur de savoir, présentement je suis producteur de colère et d’aigreur comme savent l’être les hommes de la Picardie du Sud-Est dont je suis.

Permettez-moi de reprendre la citation de Rivarol  » Dans chaque ami, il y a la moitié d’un traître  « , et de l’adapter à la situation :  » dans chaque ours, il y a la moitié d’un traître « .

Les étrangers pendant la Première guerre mondiale

La bataille de Verdun fut un grand moment de mixité des différents peuples

La bataille de Verdun fut un grand moment de mixité des différents peuples

Les étrangers existent. Oh, je ne m’en réjouis pas, mais c’est comme ça. Les étrangers sont faciles à repérer, car contrairement aux Français, ils profitent de notre système social et habitent des grands ensembles hideux, là où le Français ont généralement le bon goût de travailler et d’habiter dans un pavillon.

Les étrangers sont bêtes car ils pensent que ce sont nous les étrangers, alors que c’est l’inverse. Mais l’historien que je suis se doit de vous rappeler que les étrangers existent depuis plusieurs siècles environ, et qu’ils ont joué un rôle important dans l’histoire du monde. Aujourd’hui, nous verrons ce que ces métèques allogènes ont bien pu faire pendant la Première guerre mondiale.

Les Allemands : les chleuhs sont impulsifs et malpolis, et les événements de 1914 l’ont bien rappelé, car ce sont eux les principaux responsables de la guerre. Personne n’a jamais compris pourquoi ils portaient un casque à pointe, mais j’ai ma petite idée : ils étaient très cons. On sait désormais qu’une insoutenable odeur de saucisse de Francfort émanait des tranchées allemandes.

Les Anglais : comme d’habitude les Anglais ont montré l’étendue de leur égoïsme en restant bien à l’abri sur leur île. Peu fair play, ils tiraient toujours les premiers. La guerre n’a absolument pas changé leurs habitudes : on ne compte plus le nombre de témoignages de poilus exaspérés racontant comment les Anglais organisaient des parties de cricket ou de polo dans les tranchées. On raconte même qu’au beau milieu d’une offensive, les Tommies auraient stoppé leur avancée pour siroter une coupe de thé au beau milieu du no man’s land.

Les Turcs : personne n’a vraiment compris ce que faisaient les Turcs pendant la guerre, et eux-mêmes ne le savent probablement pas. On sait que, couards, ils attendirent un an avant d’entrer en guerre, comme ça, sans raison. Peut-être le temps de se laisser pousser la moustache pour les hommes, ou de cuisiner des loukoums pour les femmes.

Les malentendus culturels pouvaient provoquer des incidents graves pendant la guerre

Les malentendus culturels pouvaient provoquer des incidents graves pendant la guerre

Les Bretons : ces gens-là, très sales et ne parlant pas un mot de français, venaient dans nos tranchées pour mourir à notre place, alors que franchement on ne leur avait rien demandé. Ils importent pendant la guerre un multiculturalisme insoutenable pour nos soldats, qui non seulement devaient éviter de mourir, mais en plus devait faire attention à la montée du communautarisme. Et ils portaient des chapeaux ronds, non mais sans blague.

J’aurais pu parler des Américains, des Russes et de bien d’autres mais j’avoue que je préfère m’arrêter là, car ce sujet me donne la nausée. Je donne raison à Paul-Jean Toulet qui disait  » Ce qu’il y a de meilleur à l’étranger ce sont les compatriotes qu’on y rencontre « .

Henri III était hétérosexuel

Jacques_de_Levis,_comte_de_Caylus_Quesnel

Jacques de Caylus, lointain ancêtre du chanteur Sinclair

Dans leur grande majorité, les rois de France étaient hétérosexuels (67% selon  un sondage IFOP). Cela s’explique à la fois par des questions de respectabilité et par la nature humaine (12% selon IPSOS). N’oublions pas que pour assurer la transmission du pouvoir royal et éviter les crises de succession il fallait bien concevoir des héritiers. Prenons l’exemple du bon roi Henri III, surnommé « petite fleur », qui donna au royaume quatre garçons de son union avec Louise de Lorraine-Vaudémont, qui pourtant n’était pas la reine du club des jolies filles.

Une rumeur récurrente et abjecte veut que Henri III était homosexuel, simplement parce qu’il avait des relations sexuelles avec des hommes. La presse de caniveau fait ses choux gras de ces racontars infâmes, et les pisse-copies de tous poils répandent joyeusement dans des canards infects leur vilaine médisance. En cause : les mignons, une trentaine de courtisans du roi habillés de façon provocante. Ils portent des vêtements courts, se maquillent et se font boucler les cheveux ; ils arborent de grandes fraises bariolées et de la dentelle italienne, tout en cultivant des gestes maniérés et féminins. La photographie au début de l’article montre Jacques de Caylus, un des mignons ; comme vous pouvez le constater, ça ne transpire pas la testostérone.

Les opposants au roi, qu’ils soient protestants ou ultra-catholiques, le critiquèrent bien vite du fait de ses mœurs, en particulier après une réception dansante durant laquelle les traditionnelles inhibitions s’évaporèrent. Alors d’accord Henri III était attiré par des hommes et entretenait régulièrement des relations sexuelles avec des gens du même sexe, mais il n’en reste pas moins qu’il était 100% hétérosexuel. C’est fou comme à notre époque on classe les gens dans des catégories réductrices. Et aux lecteurs qui tels des mouches à merde se délectent de la vie privée des grands de ce monde, j’ai envie de répondre « et ta sœur ? ». Elle est probablement dans un ascenseur, à mille à l’heure en train de faire des trucs pas jolis-jolis.

La mystérieuse famine de 1267

Medieval_wine_conservationCe n’est pas pour me vanter, mais il a fait très beau récemment. Ce n’était pas le cas en 1267 dans la région de Ligny-en-Barrois, au cœur de la Champagne crayeuse, dont le sol d’une rare ingratitude empêche toute activité agricole fertile. Les habitants de cette petite commune devaient de ce fait mener une bataille permanente contre la nature, afin de produire juste suffisamment de blé pour survivre. On peut même parler de véritable cauchemar quotidien, tant les Linéeo-Barroissiens présentaient tous les symptôme d’une sinistrose aiguë, malgré un faible taux de chômage et une inflation maîtrisée.

Comme chaque hiver, le manque de nourriture oblige les habitants à manger peu : quelques croutes de pain rassi, des racines déterrées ça et là, des cartilages ingrats d’animaux à tremper dans une soupe à l’eau transparente dans laquelle on tente vainement de faire infuser les restes de topinambours… Inutile de dire que ce n’était pas la joie, et que personne n’était bien gros dans ce patelin.

Mais l’hiver 1267 est particulier : la récolte ayant été fort mauvaise, dès le mois de décembre la nourriture manque. En janvier, il n’y avait plus rien, que dalle, peau de zob. Alors on commence par abattre les animaux domestiques et les bêtes d’élevage : chien, poulet, veaux, chevaux, mais aussi Patrick la girafe qui était la très populaire mascotte du village. C’était insuffisant, alors les Linéo-Barroissien décidèrent de manger les meubles : les tables, les étagères, les chaises. Cela n’apaisa leur faim que quelques jours. Bientôt il fallut manger les maisons, dont la plupart étaient réalisées en torchis, un mélange de foin, de paille et d’excréments.

L’hiver étant très rude, les habitants les plus faibles périrent de froid, car les maisons dévorées, ils n’avaient nul part où se protéger des vents glacials qui balayaient la région. On décida donc de manger les vieillards, les nourrissons et les roux (on cherchait en effet depuis longtemps un prétexte pour éradiquer les « hommes aux cheveux de feu », présentés à raison comme des serviteurs du Diable). La situation devenant critique, certains s’en remirent à Dieu, ce qui ne les empêcha pas de mourir. D’autres ne s’en remirent pas à Dieu mais au hasard, mais ils moururent de façon identique. En Février, il n’était pas rare de voir des enfants en guenilles ronger les os de leurs grands-parents fraichement décédés, blottis dans un terrier de renard, le corps bariolé de bubons putrides, tandis que leurs dents tombaient de leurs gencives purulentes.

Seul Jeannot Coutefroid, un commerçant du village, semblait tirer son épingle du jeu. Loin de dépérir, il grossissait à vue d’œil et plus le temps passait plus il ressemblait à un bouffi bedonnant. L’explication est très simple : il avait acheté à l’automne la part du lion de la récolte, grâce à sa fortune personnelle ! Alors que les autres habitants s’étaient comportés de façon insouciante, lui avait pris ses dispositions, et fut le seul survivant. La morale de cette histoire est qu’il est nécessaire d’être prévoyant, afin d’anticiper les situations difficiles plutôt que de se comporter en je-m’en-foutiste bohème. Et si « à force de prévoir l’avenir, on nous le rend aussi fastidieux qu’un passé » (Jean rostand), l’inverse est vrai aussi.

L’histoire secrète du débarquement de Normandie

normandy-210316_640Le président François Hollande a célébré le bicentenaire du débarquement allié en Normandie par ce constat lapidaire : «  Des hommes sont montés dans des bateaux. Ils sont allés en Normandie et c’est une très bonne chose « . La citation n’est pas totalement exacte mais tout de même, il exagère. Rétablissons la vérité, comme nous avons l’habitude de le faire sur ce blog que je trouve excellent.

1. Une campagne de désinformation a remarquablement trompé Hitler. Des messages non codés, du type « Nous n’allons pas débarquer le 6 Juin en Normandie, nous allons débarquer plus tard et ailleurs  » inondaient les services de renseignement allemands. Apprenant le début des combats, Hitler déclara :  » Ben ça alors « .

2. Les alliés ont utilisé la guerre psychologique afin de prendre l’ascendant. Des saucisses de Francfort ont été larguées au Sud de Dieppe, afin de créer une diversion. Des cigarettes ont aussi été lâchées, afin de nuire gravement à la santé des Allemands et à celle de leur entourage. Certains, pris de panique, ont appelé le 3989 pour obtenir l’aide d’un médecin addictologue.

3. Les troupes ont suivi un entraînement aquatique inédit dans l’histoire du monde occidental. Bien entendu, tout commença modestement dans le petit bassin de la piscine municipale de Tucson aux États-Unis, avec des bouées attachées aux bras et ces espèces de grandes frites en mousse qui flottent à la surface de l’eau. Mais peu à peu les soldats devinrent de véritables hommes-grenouilles, ne se noyant plus qu’involontairement.

4. L’opération est restée secrète jusqu’au lendemain même de son déclenchement : afin d’éviter toute fuite, personne n’était au courant, pas même le président des États-Unis. Le responsable des opérations était un homme à qui l’on avait judicieusement coupé les cordes vocales (pour qu’il ne puisse pas parler des plans prévus), puis les bras (afin qu’il ne laisse aucune trace écrite).

5. L’art du camouflage fut poussé à son paroxysme. Certains soldats alliés portaient une petite moustache et une raie sur le côté, semant la confusion dans la wehrmacht. D’autres étaient déguisés en dauphin, en plancton voire même en voiture Volkswagen.

C’est ainsi que la victoire contre l’occupant nazi fut obtenue, nous libérant de l’oppression et nous permettant de regarder un dîner presque parfait ou d’écouter Keen’V sans crainte de représailles politiques.

Pétain et le développement durable : zéro pointé !

Velib_2510Le maréchal Pétain eut la lourde responsabilité de gouverner la France dans un contexte délicat. C’est pourquoi je ne suis pas de ceux qui blâment son gouvernement de combat, bien au contraire. Il fallait avoir un sacré caractère pour sauver ce qui pouvait l’être. Par contre, il est un aspect de la politique du maréchal Philippe qui me révolte : il a méthodiquement détricoté toutes les mesures en faveur du développement durable mises en place par ses prédécesseurs. Or cela me touche particulièrement, car il s’agit quand même de laisser à nos enfants une terre sur laquelle ils pourront s’épanouir.

Dès 1940, l’entourage du maréchal s’inquiète de la désinvolture avec laquelle le vainqueur de Verdun expédie à la va-vite les questions d’environnement. Il installe même son bureau dans un hôtel dont le bilan énergétique est F-. Dans ses mémoires, Pierre Laval raconte l’édifiante entrevue du 6 septembre 1940 :

Cette longue entrevue avec Pétain fut totalement stérile. Pendant une heure, j’abordais la nécessité de favoriser les énergies propres et de construire des pistes cyclables afin de limiter la pollution. Mais il était totalement obnubilé par les questions internationales et militaires, oubliant que la terre est notre bien commun. Dans une tentative désespérée, je proposais de faire du Vercors un PNR (Parc naturel régional, ndlr), mais non, ce n’était pas sa priorité. Plus le temps passait, plus ma conscience me tourmentait : que pourrais-je répondre à mes enfants lorsqu’ils me demanderont « papa qu’as-tu fais pour la planète pendant la guerre ? « 

Symboliquement, le ministère du développement durable disparaît, alors même qu’en Allemagne se met en place une ambitieuse politique de réduction de l’émission de CO². Heureusement pour l’honneur de notre pays, des hommes comme Charles de Gaulle décident alors de dénoncer ouvertement la politique environnementale du maréchal. Alors que les Français vivaient un cauchemar écologique, il leur offre une alternative, comme lors du méconnu discours du 17 juin 1940.

Français, Françaises, votre gouvernement maltraite la nature et tue les ours polaires. C’est pourquoi je préconise la mise en place d’un crédit d’impôts pour les entreprises innovantes dans le domaine des énergies non-carbonées. Avec l’aide de l’Allemagne, nous pourrons réaliser notre rêve d’un monde meilleur. Cela passe par la ratification de la convention internationale de Berlin relative aux marées noires, et la création d’un système de location de vélo dans les grandes villes, les Gaullib’.

Et vous, qu’auriez-vous fait en 1940 ?

La Marseillaise, un chant belliqueux ?

Pils_-_Rouget_de_Lisle_chantant_la_MarseillaiseminiJe dois vous raconter une histoire extraordinaire. Lundi dernier, je suis allé faire les soldes afin d’acheter au meilleur prix des mocassins à glands, vous savez les mêmes que ceux portés par Alain Juppé lors de ses interventions politiques porteuses d’espoir pour ses concitoyens. J’aperçois le magasin Cyrillus rue de Sèvres, lorsque soudain un homme d’origine incertaine me toise longuement, avant de cracher par terre et de m’interpeler publiquement :  » dites-donc vous, l’historien, pourquoi n’évoquez-vous jamais la Marseillaise ? Notre hymne national est violent et barbare, mais ça vous préférez ne pas l’évoquer !  » Passé la surprise, je dois bien dire que le prolétaire numide n’avait pas complètement tort. Je n’avais jamais évoqué ce sujet, et cela me tourmenta tellement que j’en oubliais d’acheter mes chaussures. C’est pourquoi j’ai décidé d’analyser les paroles de notre hymne afin de savoir s’il faut ou non en changer :

  •  » Allons enfants de la Patrie, Le jour de gloire est arrivé ! «  ; Alors là rien à dire, ça me remplit le cœur d’un magnifique espoir. C’est un peu vague (qu’est-ce qu’un jour de gloire ? Une sorte de barbecue citoyen avec des slammeurs et des châteaux mous ? ) mais j’aime bien.
  •  » Contre nous de la tyrannie, L’étendard sanglant est levé, (bis)  » ; C’est ici que les problèmes commencent. Je suis d’accord avec le début, car je tiens la tyrannie en horreur, par contre quelle idée de lever un étendard sanglant ? N’était-il pas possible de le laver, même s’il est difficile de laver les taches de sang (même avec une lessive de marque, et malgré leurs promesses publicitaires) ? Ne pouvait-on pas mettre de côté l’étendard sanglant le temps d’enlever la tâche, et prendre à la place un étendard neuf ? Et puis si j’avais un étendard sanglant et que je devais absolument le lever, je ne le ferais qu’une seule fois (or le bis indique qu’il est levé deux fois, donc ceux qui avaient loupé la tâche la première fois ont deux fois plus de chance de la remarquer ensuite).
  •  » Entendez-vous dans les campagnes, Mugir ces féroces soldats ? «  On passe du coq à l’âne, quel est le lien avec l’étendard sali ? De plus je n’entends rien du tout, mais il est vrai que je n’habite pas la campagne. Et je préfère, parce que la perspective d’être dérangé par des braillards de mauvaise compagnie ne me plaît pas du tout. C’est ça le jour de gloire, des espèces de brigands ivres qui poussent des cris terrifiants pour effrayer les gens ?
  •  » Ils viennent jusque dans vos bras, Égorger vos fils, vos compagnes ! «  Trop c’est trop, je m’arrête là. Passe encore le manque de cohérence de la chanson, mais là l’auteur de la Marseillaise dérape en évoquant des homicides prémédités pour je ne sais quelle raison obscure. Étant célibataire je ne me sens pas particulièrement concerné, mais il faut avouer que ça fout carrément les grosses miquettes.

Faisons un bilan : un jour de gloire dont on ne connait rien des modalités pratiques ou des stands qui seront présentés, des linges salis qu’on arbore l’air de rien au mépris des règles d’hygiène les plus élémentaires, des chenapans alcoolisés qui beuglent à tu-tête, des égorgements non-sollicités en zone rurale… J’ai honte pour mon pays qui mérite bien mieux.

L’incroyable histoire du prix Nobel de la paix 1927

Alfred Nobel

Alfred Nobel

Vous le savez, le prix Nobel de la paix tire son nom d’Alfred Nobel, industriel suédois et militant pacifiste. En 1867 il invente la dynamite, au départ pour faciliter l’exploitation minière ou la construction de tunnels. Mais bien vite, son invention est détournée par les États européens, qui s’en servent pour équiper leurs armées d’explosifs dévastateurs. Pris de remords, Alfred décide d’utiliser sa fortune pour récompenser chaque année un homme ayant œuvré pour la paix dans le monde.

Par exemple, en 2009 c’est le président américain Barack Obama qui en est le lauréat, pour avoir déclaré que  » les Etats-Unis n’étaient pas -et ne seraient jamais- en guerre contre l’islam « , ce qui est extraordinairement courageux et politiquement incorrect. Même si les USA représentent 45% des dépenses militaires dans le monde, qu’ils disposent de 5 500 bombes nucléaires et stationnent des troupes dans une trentaine de pays, son discours est une bouffée d’air frais pour les hommes de paix du monde entier. Depuis 2009 je constate d’ailleurs que le monde est chaque jour un peu meilleur.

La situation est bien différente en 1927, puisque c’est un Français, Jean Damarrage qui obtient le prix Nobel de la paix. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais il a évité un véritable bain de sang à Coutron, village de Saône-et-Loire de 340 habitants. Loin de former une communauté soudée, ce bled peuplé de bouseux un peu rustres est rongé par d’insoutenables tensions : Pierre Tardieu souhaite construire un cabanon de jardin sur sa propriété, mais le maire refuse de lui signer le permis de construire. Débute un bras de fer de plusieurs mois, durant lesquels les habitants prennent partie tantôt pour Tardieu, tantôt pour le maire. Le village est divisé, et aux invectives orales succèdent rapidement des actes délictueux. Les boîtes aux lettres sont régulièrement prises pour cible, et le parterre de fleurs de la place du village est détruit. Chacun soupçonne son voisin de commettre les méfaits, et bien vite une atmosphère pesante et délétère s’installe dans le patelin. Des milices rivales sont mises sur pied, et les péquenauds mal dégrossis patrouillent fusil à l’épaule et chien aux pieds, prêts à éliminer un voisin gênant.

La crise atteint son paroxysme lors des élections de 1927, lorsque le dépouillement révèle qu’un habitant a voté pour une liste de gauche. Une véritable chasse aux sorcières se met en place, chacun se faisant un devoir personnel de débusquer le bolchévique. Sentant que le lien social s’étiole et qu’au jour d’aujourd’hui le vivre-ensemble est menacé, Jean Damarrage a soudainement une idée de génie. Il sait qu’un campement de romanichels s’est installé en périphérie du village, et décide de ressouder les habitants du village en prenant cette communauté bien singulière pour cible. Et si les gens du voyage ne faisaient guère parler d’eux, c’est dans la presse qu’il apprend la vérité : ils sont en réalité des populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation. Il y découvre horrifié que ces gens commettent des larcins, et que les femmes portent des fichus bariolés.

La nuit, il vole des poules, brise des fenêtres ou scie des arbres, tout en laissait sur le lieu du méfait un fichu bariolé, ou une enveloppe contenant le texte suivant :  » Cet acte délictueux a été réalisé par la communauté des gens du voyage du village « . En seulement quelques jours, on assiste à une magnifique réconciliation entre les habitants du village, et les tensions passées sont oubliées. Une fois le campement de romanos brûlé, une grande fête de la fraternité achève de remettre le village de Coutron dans le chemin de l’harmonie et de l’amour. C’est donc fort logiquement que Jean Damarrage reçoit le prix Nobel de la paix en 1927, ainsi qu’un chèque de 10 millions de couronnes suédoises qu’il utilise généreusement pour faire rénover la salle des fêtes du village.

Comme disait Renée Girard,  » le bouc émissaire apparaît très méchant, dangereux, mais aussi très bon et secourable puisqu’il ressoude la communauté et purge la violence « . Oh, comme c’est complexe et raffiné !

La conquête administrative de la Gaule (3/3)

1657_Jansson_Map_of_France_or_Gaul_in_Antiquity_-_Geographicus_-_Galliae-jansson-1657Lisez d’abord le premier article et le deuxième article sur la conquête de la Gaule, sinon vous n’allez rien comprendre, comme d’habitude.

Je récapitule : César avait cordialement demandé aux Gaulois le rattachement administratif de leurs territoires, mais seul Vercingétorix avait accepté. Les autres chefs gaulois, trop fiers et têtus comme des mules, avaient préférés la guerre. Notre bon César fut quelque peu contrarié :  » Ce n’était pas vraiment prévu, et ça fait un peu chier quand même (magnum caca est)  » marmonna-t-il. Il échafauda à la hâte un comité consultatif d’experts chargé de la suite des événements, qui  publia deux mois plus tard le document suivant :

Considérant l’obstination revêche des Gaulois, nous proposons les mesures suivantes :

  1. La mobilisation de six légions afin de mener la guerre, ce qui nous paraît concilier nécessités de service et contraintes budgétaires.
  2. Pour neutraliser l’ennemi, nos soldats devront leur insérer leurs glaives dans la cage thoracique des Gaulois afin de provoquer une hémorragie dont l’objectif est d’entrainer la mort.
  3. si le point numéro 2 est insuffisant, nos soldats pourront lancer leur pilum (javelot) à une distance comprise entre 1 et 3 mètres, afin de transpercer les Gaulois, et provoquer ainsi une hémorragie dont l’objectif est d’entrainer la mort.
  4. Si les combats s’éternisent et provoquent des heures supplémentaires, les légionnaires percevront un supplément mensuel additionnel sur la base de leur échelon et de leur ancienneté.
  5. Tout mouvement de troupe devra être validé par les autorités compétentes dans un délai de huit jours ouvrables après publication officielle, sous peine de nullité.
  6. Une fois l’opération achevée, une proclamation officielle sera officiellement proclamée à Rome, autour d’un buffet-dinatoire organisé par un prestataire externe après appel d’offre.

Jules César appliqua à la lettre les mesures préconisées, et le 1er septembre 58 à 9h34 est déclenchée l’opération Cisalpin Freedom. Les opérations militaires furent un succès total (vous pouvez consulter la carte pour plus de précisions). Preuve de la victoire de la civilisation sur la barbarie, seulement douze aimables Romains périrent durant la guerre des Gaules, contre cent trente millions de Gaulois sauvages. L’épisode le plus marquant fut l’introduction d’un glaive dans la cage thoracique du chef des Allobroges, Catgnatos, ce qui provoqua une hémorragie puis la mort comme prévu au point numéro 2. César, d’habitude placide, laissa même échapper un petit cri de joie assez féminin lorsque la victoire fut acquise. Peu après, il instaura la dictature, ce qui nous permet de dresser un bilan très positif de la guerre des Gaules.

Terminons par une citation de Victor Hugo : «  d’ordinaire, les empires conquérants meurent d’indigestion « . Faites-en ce que vous voulez, laissez-moi tranquille.

La conquête administrative de la Gaule (2/3)

Siege-alesia-vercingetorix-jules-cesarCet article est la suite de celui-ci.

Jules César, après avoir lu le senatus consulta, trépigne d’impatience à l’idée de l’appliquer. L’infaillible machine bureaucratique se met alors en place : création de 5 sous-commissions spécialisées dans des domaines spécifiques, nomination de huit experts sur la question gauloise, production d’un rapport de six cents pages consacré aux aspects juridiques de la conquête de la Gaule. Le résultat, un an plus tard, est la rédaction d’un document d’une grande pureté juridique :

Moi, Jules César, je souhaite annexer la Gaule. Moi, Jules César, j’applique la volonté du peuple romain. Moi, Jules César, j’ai rédigé le présent document. Moi, Jules César, m’adresse aux chefs gaulois afin d’annexer leur territoire, dans un délai de huit semaines à compter du 7 mars 58 avant Jésus-Christ (qu’il vienne celui-là, on va lui préparer un comité d’accueil). Moi, Jules César, offre aux Gaulois soit l’annexion, soit la guerre. Vous trouverez en pièces jointes l’ensemble des références juridiques donnant à ce document force de loi. Bien Cordialement, Jules César.

Le plus dur restait à faire, car les Gaulois n’avaient globalement pas grand chose à foutre du droit. Ils passaient leur temps à copuler, à boire, à courir dénudé dans des forêts en bouffant de la viande crue. Très franchement si les Gaulois sont nos ancêtres j’ai un peu honte, mais vu certains membres de ma famille ça ne m’étonnerait pas trop.

Contrairement à une idée reçue, Vercingétorix accepta l’annexion pacifique de ses territoires. Recevant l’injonction romaine, il aurait dit :  » Ma foi c’est un fort beau document, qui respecte toutes les formes du droit. Je ne puis m’opposer à l’annexion qui semble tenir compte des prescriptions du droit international « . Si certains de ses hommes le traitèrent de grosse tata, les autres respectèrent globalement sa décision.

Par contre, les autres tribus gauloises refusèrent l’annexion. Le chef des Allobroges, Catgnatos, déclara même  » on n’en a pas grand chose à carrer de ce machin César, qu’il vienne on va lui maraver les parties du bas « .

C’est ainsi que débuta la guerre des Gaules. La suite au prochain numéro. Le suspens est à son comble, je ne sais pas vous mais moi je ne tiens plus.