Henri III était hétérosexuel

Jacques_de_Levis,_comte_de_Caylus_Quesnel

Jacques de Caylus, lointain ancêtre du chanteur Sinclair

Dans leur grande majorité, les rois de France étaient hétérosexuels (67% selon  un sondage IFOP). Cela s’explique à la fois par des questions de respectabilité et par la nature humaine (12% selon IPSOS). N’oublions pas que pour assurer la transmission du pouvoir royal et éviter les crises de succession il fallait bien concevoir des héritiers. Prenons l’exemple du bon roi Henri III, surnommé « petite fleur », qui donna au royaume quatre garçons de son union avec Louise de Lorraine-Vaudémont, qui pourtant n’était pas la reine du club des jolies filles.

Une rumeur récurrente et abjecte veut que Henri III était homosexuel, simplement parce qu’il avait des relations sexuelles avec des hommes. La presse de caniveau fait ses choux gras de ces racontars infâmes, et les pisse-copies de tous poils répandent joyeusement dans des canards infects leur vilaine médisance. En cause : les mignons, une trentaine de courtisans du roi habillés de façon provocante. Ils portent des vêtements courts, se maquillent et se font boucler les cheveux ; ils arborent de grandes fraises bariolées et de la dentelle italienne, tout en cultivant des gestes maniérés et féminins. La photographie au début de l’article montre Jacques de Caylus, un des mignons ; comme vous pouvez le constater, ça ne transpire pas la testostérone.

Les opposants au roi, qu’ils soient protestants ou ultra-catholiques, le critiquèrent bien vite du fait de ses mœurs, en particulier après une réception dansante durant laquelle les traditionnelles inhibitions s’évaporèrent. Alors d’accord Henri III était attiré par des hommes et entretenait régulièrement des relations sexuelles avec des gens du même sexe, mais il n’en reste pas moins qu’il était 100% hétérosexuel. C’est fou comme à notre époque on classe les gens dans des catégories réductrices. Et aux lecteurs qui tels des mouches à merde se délectent de la vie privée des grands de ce monde, j’ai envie de répondre « et ta sœur ? ». Elle est probablement dans un ascenseur, à mille à l’heure en train de faire des trucs pas jolis-jolis.

Publicités

La Marseillaise, un chant belliqueux ?

Pils_-_Rouget_de_Lisle_chantant_la_MarseillaiseminiJe dois vous raconter une histoire extraordinaire. Lundi dernier, je suis allé faire les soldes afin d’acheter au meilleur prix des mocassins à glands, vous savez les mêmes que ceux portés par Alain Juppé lors de ses interventions politiques porteuses d’espoir pour ses concitoyens. J’aperçois le magasin Cyrillus rue de Sèvres, lorsque soudain un homme d’origine incertaine me toise longuement, avant de cracher par terre et de m’interpeler publiquement :  » dites-donc vous, l’historien, pourquoi n’évoquez-vous jamais la Marseillaise ? Notre hymne national est violent et barbare, mais ça vous préférez ne pas l’évoquer !  » Passé la surprise, je dois bien dire que le prolétaire numide n’avait pas complètement tort. Je n’avais jamais évoqué ce sujet, et cela me tourmenta tellement que j’en oubliais d’acheter mes chaussures. C’est pourquoi j’ai décidé d’analyser les paroles de notre hymne afin de savoir s’il faut ou non en changer :

  •  » Allons enfants de la Patrie, Le jour de gloire est arrivé ! «  ; Alors là rien à dire, ça me remplit le cœur d’un magnifique espoir. C’est un peu vague (qu’est-ce qu’un jour de gloire ? Une sorte de barbecue citoyen avec des slammeurs et des châteaux mous ? ) mais j’aime bien.
  •  » Contre nous de la tyrannie, L’étendard sanglant est levé, (bis)  » ; C’est ici que les problèmes commencent. Je suis d’accord avec le début, car je tiens la tyrannie en horreur, par contre quelle idée de lever un étendard sanglant ? N’était-il pas possible de le laver, même s’il est difficile de laver les taches de sang (même avec une lessive de marque, et malgré leurs promesses publicitaires) ? Ne pouvait-on pas mettre de côté l’étendard sanglant le temps d’enlever la tâche, et prendre à la place un étendard neuf ? Et puis si j’avais un étendard sanglant et que je devais absolument le lever, je ne le ferais qu’une seule fois (or le bis indique qu’il est levé deux fois, donc ceux qui avaient loupé la tâche la première fois ont deux fois plus de chance de la remarquer ensuite).
  •  » Entendez-vous dans les campagnes, Mugir ces féroces soldats ? «  On passe du coq à l’âne, quel est le lien avec l’étendard sali ? De plus je n’entends rien du tout, mais il est vrai que je n’habite pas la campagne. Et je préfère, parce que la perspective d’être dérangé par des braillards de mauvaise compagnie ne me plaît pas du tout. C’est ça le jour de gloire, des espèces de brigands ivres qui poussent des cris terrifiants pour effrayer les gens ?
  •  » Ils viennent jusque dans vos bras, Égorger vos fils, vos compagnes ! «  Trop c’est trop, je m’arrête là. Passe encore le manque de cohérence de la chanson, mais là l’auteur de la Marseillaise dérape en évoquant des homicides prémédités pour je ne sais quelle raison obscure. Étant célibataire je ne me sens pas particulièrement concerné, mais il faut avouer que ça fout carrément les grosses miquettes.

Faisons un bilan : un jour de gloire dont on ne connait rien des modalités pratiques ou des stands qui seront présentés, des linges salis qu’on arbore l’air de rien au mépris des règles d’hygiène les plus élémentaires, des chenapans alcoolisés qui beuglent à tu-tête, des égorgements non-sollicités en zone rurale… J’ai honte pour mon pays qui mérite bien mieux.

Quelques idées reçues sur la monarchie française

Tout un programme...

Vaste programme

Face à la crise inédite de nos institutions, de nombreux intellectuels français comme Thierry Ardisson ou Lorant Deutsch affirment publiquement être monarchistes. Je dois bien avouer que j’ai moi-même certains penchants royalistes. Mais c’est surtout le bourrage de crâne républicain dans les médias que je trouve insupportable. L’article du jour a pour vocation d’offrir un point de vue nuancé et objectif sur la période qui voyait notre beau pays gouverné par les têtes couronnées.

La monarchie, c’est l’injustice : faux !

On présente souvent le règne de Louis XIV comme celui d’une justice du prince, qui pouvait au moindre caprice embastiller n’importe quel raseur. Rien n’est moins vrai, car à l’époque déjà tous les hommes, riches comme pauvres, étaient égaux devant la loi qui leur interdisait sans distinction de rang de coucher sous les ponts, de mendier ou de voler du pain.

La monarchie, c’est la dette : vrai et faux !

Certes, la monarchie avait un train de vie assez somptuaire, et dépensait sans compter de l’argent qu’elle n’avait pas. A la veille de la Révolution, le service de la dette représente 80% du budget annuel de l’État. Ces dépenses n’étaient pas toujours utiles : Hugues Capet acheta à l’Angleterre plusieurs dindons qu’il trouvait magnifiques ; Louis XIII fit venir de Hongrie des guéridons en mousse sculptée. Il fallait aussi financer la guerre, sans quoi notre pays aurait été confronté à une surpopulation ingérable.

Mais rappelons que la dette française était détenue par des nobles Français très attachés au bon fonctionnement de leur pays. Prenons l’exemple du Duc de Saint-Dizier, qui déclara en 1788 :  » peu me chaut de ne point revoir la couleur de ma monnaie ; je ne souhaite pas infliger au bon peuple de France une politique de rigueur qui jetterait les plus faibles dans la misère, et les plus miséreux dans la mort « . Les détenteurs de la dette française, loin de spéculer pour augmenter leur rente, agissait dans l’intérêt général. Attitude que l’on retrouve aussi de nos jours.

L'actuel roi de France, Louis XX

L’actuel roi de France, Louis XX, met les points sur les i et clarifie sa situation professionnelle

Il y avait beaucoup trop de rois : vrai !

Selon mon benchmarking ISO 2000, on compte au total plus de 70 rois de France, ce qui est un chiffre très élevé. De plus ils s’appellent tous Louis, et retenir qui règne quand est un vrai casse-tête. Richelieu avait bien tenté de limiter le nombre de rois en fixant à trente ans la durée minimum du règne, mais ce ne fut guère respecté pour des raisons de décès inattendus.

Terminons par une citation de Montesquieu : « La monarchie dégénère ordinairement dans le despotisme d’un seul ; l’aristocratie dans le despotisme de plusieurs ; la démocratie dans le despotisme du peuple ». Tiens, on ne m’avait pas appris à l’école que c’était un gros con en fait.

Portrait d’un entrepreneur : Gutenberg

Le premier livre imprimé par Gutenberg, " L'imprimerie pour les Nuls "

Le premier livre imprimé par Gutenberg,  » L’imprimerie pour les Nuls « 

La France n’aime pas ses entrepreneurs, qui sont pourtant le moteur de notre croissance et de la création de richesse. Comme l’a affirmé George Bush :  » Le problème avec les Français est qu’ils n’ont pas de mot dans leur langue pour désigner l’entrepreneur « . Cela n’est pas tout à fait exact, puisque le mot entrepreneur existe, mais tout de même, c’est un vrai problème. Or, ce sont des hommes guidés par un esprit d’initiative à toute épreuve qui ont forgé l’histoire. Étudions aujourd’hui le cas de Johannes Gutenberg, qui a inventé l’imprimerie à la seule force de sa volonté.

De nombreux historiens à côté de la plaque explique que Gutenberg a inventé l’imprimerie pour diffuser la Bible et les écrits théologiques au plus grand nombre, afin de diffuser les modèles de sainteté indispensables à la vie vertueuse du chrétien. C’est absurde. Gutenberg était bien davantage guidé par la recherche du profit que par je ne sais quelle fable moraliste mystique. Inventorions ensemble les raisons qui poussèrent Gutenberg a inventer l’imprimerie.

  • Gutenberg souffrait depuis des années de la crampe de l’écrivain, car il était copiste pour une charcuterie locale qui distribuait des parchemins publicitaires pour se faire connaître. Toute la journée il rédigeait à la main des flyers indiquant le prix des abats et les réductions au rayon triperie, ce qui provoqua bien vite l’apparition d’une dystonie segmentaire, c’est-à-dire une contraction incontrôlable et irrégulière d’un muscle donné. A l’époque, c’était le mal du siècle. D’où l’idée d’automatiser le processus de reproduction d’un document.
  • Gutenberg avait installé son entreprise à Mayence. Or cette ville mettait en place une politique de l’offre, et proposait un crédit d’impôt très avantageux pour les start ups. Gutenberg installa ses locaux dans une zone franche ce qui lui permit de déduire de ses frais imposables jusqu’à 18% de sa formation nette de capital brut. Sans cela, il n’aurait jamais pu inventer l’imprimerie : à Strasbourg, où la franchise fiscale non-cumulable n’était que de 6,5%, il n’a jamais rien inventé par exemple.
  • Gutenberg souhaitait devenir riche, comme tout le monde, pour en mettre plein la vue à ses proches, et enfin pouvoir quitter la classe populaire méprisable et vulgaire. C’est donc sa nature humain profondément égoïste et vénale qui l’a incité à innover, afin de pouvoir devenir rentier et impressionner les hübsche Frauen, c’est-à-dire les tendrons mayençaises, les petites pépés pas farouches et roulées comme il faut.
La première invention de Gutenberg, le gaufrier, fut un échec

La première invention de Gutenberg, le gaufrier géant, fut un échec

A une époque où la France est engluée dans la stagnation économique, tirons les leçons du passé pour relancer l’innovation et la création de richesse. L’exemple de Gutenberg nous apprend que l’innovation naît de la conjonction de trois facteurs : il faut souffrir d’une maladie professionnelle incapacitante, mettre en place une politique de baisse des charges et enfin encourager la vénalité et l’égoïsme. Or en France, aucune condition n’est réunie. Alors un peu de courage, innovons ! Comme le disait très justement Nicole Notat,  » Gutenberg n’a pas attendu le développement du marché du livre pour inventer l’imprimerie « . Et vous ?

Charles IX, la Saint-Barthélemy et Red Bull

Dubois-massacre-détail2Avant de vous parler de la Saint-Barthélemy, épouvantable épisode de notre histoire, j’ai une annonce à faire. Afin de résoudre mes difficultés pécuniaires, j’ai noué des partenariats gagnants-gagnants avec des entreprises soucieuses d’associer leurs produits à mon blog. On ne vit pas d’amour et d’eau fraîche, il faut bien payer les séances de messages dans les petits salons chinois parisiens (désolé pour mon « parler cru », mais je souffre d’atroces rheumatismus penile). De surcroît, j’ai eu un choc lorsque j’ai découvert que ma fille de 14 mois avait plus d’argent sur son livret P’tit Malin Groupama que moi sur mon compte courant.

Ce sponsoring ne remet en aucun cas mon indépendance de ton ou ma liberté de parole ; bien au contraire, cette association rend pérenne ce blog, ce qui est une très bonne nouvelle et prouve une fois de plus que le libre jeu du marché n’est pas incompatible avec la production d’un savoir de qualité.

Revenons à la Saint-Barthélemy. Le 24 août 1572, le roi de France Charles IX décide de faire massacrer les protestants du royaume, qui commençaient vraiment à exagérer en célébrant des messes en français et en affirmant que les hommes sont égaux, ce qui est ridicule. Notre beau souverain a pourtant longtemps hésité à prendre cette décision. Confortablement installé dans un fauteuil en croute de cuir des magasins But, il se remémore les événements récents ; les guerres de religion durent depuis déjà plus de dix ans, et son entourage le presse d’agir. Alors calmement, il se verse un verre de bière blonde Amstel, qu’il boit goulument, et laisse son esprit vagabonder. Il sait qu’il lui faut agir, car sa montre Festina indique avec une précision remarquable qu’il est déjà midi, heure à laquelle il engloutit avec délectation une pizza Sodebo contenant 25% de sel en moins par rapport aux produits concurrents.

    La publicité existe depuis la Renaissance : ici pour le groupe ego sum, ancêtre d'I am

La publicité existe depuis la Renaissance : ici pour le groupe ego sum, ancêtre d’I am

Le ventre plein, il appelle son grand chancelier par une simple pression sur sa tablette tactile Samsung afin de lui faire part de sa décision : les protestants seront massacrés, à l’aide de scies à métaux Black et Decker s’il le faut. En quelques minutes, les armées royales se déploient dans la capitale, profitant des quatre roues motrices des Fiat Panda pour prendre de vitesse les protestants qui cherchaient à fuir. Plusieurs milliers de huguenots gisent alors dans les rues de Paris. On connait bien l’épouvantable histoire de Marc Issème, pasteur dont le flanc fut transpercé par une lance, et qui dans un dernier effort souffla à son fils les mots suivants :  » Je t’aime mon petit bonhomme. Cette rude épreuve fait de toi un homme un peu plus tôt que prévu, mais je sais que tu surmonteras ton affliction grâce à la garantie obsèques Malakoff Médéric que j’ai contracté. C’est de loin la meilleure offre du marché « .

Si nous pouvons légitimement avoir honte de cette page de notre histoire, il faut néanmoins s’en souvenir pour que jamais une telle tragédie ne se reproduise. Personnellement je l’ai noté dans mon agenda quo vadis pour être sur de ne pas l’oublier.

Si vous n’aimez pas la présence de publicité sur mon blog, souvenez-vous que  » La publicité, c’est la plus grande forme d’art du XXème siècle  » (Marshall Mc Luhan).

PS : likez, partagez et commentez ce post, afin de remporter des bons d’achat chez Auchan lors d’un grand tirage au sort.

Napoléon avait un petit chien, Kiki Bonaparte

La seule image de Napoléon et de son petit chien.

La seule image de Napoléon et de son petit chien.

Il est aujourd’hui à la mode de dénigrer Napoléon Bonaparte. Souvent dépeint comme un tyran sanguinaire ayant plongé l’Europe dans une guerre sanglante pour assouvir sa soif de pouvoir, notre bon vieux Bonaparte était en réalité un homme au grand cœur, très attaché à son mignon petit chien, Kiki Bonaparte. Cette lettre à sa mère trouvée aux archives nationales le prouve :

Ma petite maman,

Aujourd’hui je pars en campagne contre la Prusse, car je suis un tyran sanguinaire qui souhaite plonger l’Europe dans une guerre sanglante, afin d’assouvir ma soif de pouvoir.

La campagne risque de durer plusieurs mois, et je suis confronté à un problème épineux : je ne peux emmener avec moi mon petit chien Kiki Bonaparte, encore trop frêle pour ce dangereux périple. Ma chère petite maman d’amour, pourrais-tu garder bien au chaud ce tendre animal ? Je suis certain que tu t’en occuperas bien. Il aime les mamours et les gros calinous, sois bien affectueuse avec lui. J’ai commandé des croquettes au poisson spéciales croissance, il en raffole.

Tu pourras aussi faire appel gracieusement à mon domestique Coco, que je t’offre. Je viens en effet de rétablir l’esclavage afin de soulager ce fardeau canin qui est désormais tiens.

Je t’embrasse fort, ton bichounours au grand cœur, Napo.

Voila qui devrait bien faire fermer leurs gueules aux intellos de Prisunic peine-à-jouir qui passent leur temps à salir l’histoire de notre beau pays avec leurs conneries.

L’histoire crue, 18 août 2014