La journée type d’un poilu

tampon-tombe-tamporelleVous avez été nombreux à apprécier mon article sur la Première guerre mondiale. Capitalisant sur ce succès, je vous ressors le même article, mais en moins bien (surtout le début qui est vraiment poussif). Voici donc la journée-type d’un poilu pendant la Grande guerre.

11 heures : réveil. Nos braves soldats quittent leur lit et profitent d’une chicorée dans la salle commune. Comme les poilus ont besoin de forces mais ne doivent pas s’empâter, des céréales spécial K ligne fine sont servies.

11H30 : douche. Nos terribles combattants disposent d’un gel douche Ushuaïa aux amandes douces. Divers soins du visage sont acheminés par l’intendance, en particulier des gels hydratants et des gommages de la gamme « matin soyeux » afin de lutter contre les comédons, véritable fléaux dans les tranchées.

12H00 : séminaire-santé. Un intervenant affilié à Yves Rocher instruit nos bidasses, sur des thèmes comme « les oméga 3 et l’équilibre nutritionnel : enjeux et défis », ou « les étirements, clef d’un assaut réussi ». Divers mets gourmands accompagnent l’intervention.

13H00 : repos. Nos fiers conquérants disposent des deux heures pour s’adonner à des activités variées. Des livres de  Goethe et de Hegel sont distribués afin de renforcer la compréhension de l’ennemi, et pour lutter contre les stéréotypes. On rafistole à la main les pantalons rouges abimés par la guerre en général et les balles en particulier.

15H00 : guerre. Le moment le moins agréable de la journée. Les brutaux fantassins prennent leurs fusils, les braquent en direction de l’Allemagne, et poussent de terribles cris de ralliement comme « J’espère que la France prendra l’avantage militaire sur les pays avec lesquels nous sommes actuellement en guerre « , ou encore « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine, sauf si bien sûr vous remportez une série de victoires militaires dans le grand Est « . Heureusement, la guerre est limitée à 10 minutes par jour par les traités internationaux scrupuleusement respectés par les pays belligérants.

15H10 : gestion des émotions. Après avoir fait preuve d’une brutalité inouïe pendant 10 minutes, nos indomptables poilus participent à un groupe de parole, sous la direction d’un psychologue. Ils peuvent ainsi mettre des mots sur leurs maux, chacun étant incité à transmettre son vécu émotionnel, ses doutes, ses espoirs.

16H : goûter sucré suivi d’une sieste. Nos surhommes en froc rouge peuvent s’adonner s’ils le souhaitent à des activités contre-nature, comme la philosophie ou l’amour.

19H : repas léger. Des animations sont prévues pour distraire nos monstrueux soldats : compétition relative à la taille de certains membres du bas, chants racistes, imitations de Raymond Poincaré, balle au prisonnier. Après le repas, la soirée est consacrée aux jeux de société afin de souder le groupe ; en 1914 c’est le Cluedo spécial affaire Dreyfus qui est à la mode.

22H : extinction des feux. Nos héros profitent d’un repos bien mérité et s’abandonnent dans les bras de Morphée, rêvant qu’ils égorgent des Allemands, puis qu’ils sectionnent leurs membres, les brûlent et dansent fraternellement autour de leurs dépouilles immondes qui baignent dans une mare de sang illuminée par le soleil couchant. Certains, beaucoup plus simplement, rêvent qu’ils se retrouvent totalement nus en plein milieu d’une salle de réception luxueuse, scrutés de haut en bas par des hauts dignitaires de l’Empire ottoman et par le sous-préfet de Savoie.

Si le quotidien des poilus vous semble agréable, n’oubliez-pas qu’ils étaient fonctionnaires.

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L’histoire incroyable du canal de Suez

Vue du canal de Suez, avec à droite la statue de Ferdinand de Lesseps

Vue du canal de Suez, avec à droite la statue de Ferdinand de Lesseps

Ferdinand de Lesseps est l’un des Français les plus célèbres, et malgré cela il reste largement méconnu. Il est à l’origine de la construction du canal de Suez, probablement le plus important ouvrage d’art de l’histoire de l’humanité, rien que ça. Grâce au canal, les navires commerciaux n’ont plus besoin de contourner l’Afrique, et on estime que 40% du trafic pétrolier mondial passe par Suez. Je vais vous raconter l’histoire de son créateur.

A 18 ans, avec ses amis à l’école d’ingé, il rêve comme tous les jeunes de son âge de créer une entreprise par actions capable de générer des dividendes à deux chiffres tout en redressant la balance commerciale de son pays. Quand on est jeune, on n’est pas tout à fait dans la réalité et on a des idéaux un peu puérils. Dans ses Mémoires, Ferdinand raconte : «  nous voulions nous enrichir rapidement, afin d’accumuler d’énormes sommes d’argent pour acheter des vêtements de marques et manger dans les meilleurs restaurants. C’était pour nous une façon d’oublier la vacuité totale de nos existences et l’absence de but. Avec un peu de chance, on mourrait sans jamais avoir eu à se demander si notre vie avait le moindre sens « .

Très vite pourtant, Ferdinand doit faire face à des difficultés énormes. D’abord dans la conception : sans calculatrice ou ordinateur, il est souvent contraint d’établir ses mesures au pif au mètre. Il pensait qu’il existait une différence de niveau de neuf mètres entre la mer Méditerranée et la mer Rouge ; dans ces conditions, l’ouverture du canal aurait provoqué des catastrophes naturelles majeures. Mais peu confiant dans ses calculs, il décide quand même de continuer, utilisant un argument scientifique très classique :  » on verra bien ce que ça donne « .

Ensuite, les travaux posent de graves problèmes de santé : je ne parle bien entendu pas des dizaines de milliers de morts Égyptiens de faible constitution qui périrent en creusant le canal, essentiellement du fait de coups de soleil. Ils moururent certes, mais avec le sentiment du devoir accompli et du travail bien fait.

Non, je vous parle d’un mal bien plus insidieux, le surmenage. Ferdinand de Lesseps, travaillant sans compter ses heures et sous la menace perpétuelle des actionnaires, sombre dans le burn out. Il obtient un arrêt maladie par son médecin, puis il profite d’un mi-temps thérapeutique payé aux deux-tiers.

En outre, il consomme des produits psychotropes : cocaïne pour tenir le coup et opium pour calmer ses crises d’anxiété. De nos jours cela peut faire sourire car grâce à la médecine moderne nous disposons d’antidépresseurs qui n’ont rien à voir avec ces produits dangereux ; la preuve, c’est que les médicaments sont dans des boîtes bariolées avec un manuel d’utilisation. De plus ils sont testés par des groupes pharmaceutiques et ils sont remboursés par la sécurité sociale. Toutefois l’effet de ces drogues est bluffant, les molécules modifient son cerveau et transforment l’hideuse réalité en monde joyeux et coloré. Grâce aux drogues consommées, il peut retrouver sa place dans l’appareil productif, ce qui soulage ses proches.

La construction du canal achevée, Ferdinand exulte. C’est le triomphe de la volonté et de l’esprit d’un homme face à son destin (?). Le canal de Suez est encore de nos jours une artère vitale dans le commerce international. Si un jour l’Égypte était frappée d’instabilité politique, il serait fort à parier que le commerce mondial s’effondrerait, provoquant une terrible récession dans les pays riches. La meilleure solution serait alors d’instaurer un régime militaire afin de rétablir la sécurité du canal. Je dis ça, je dis rien.

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Qui a vraiment marché sur la lune en premier ?

Neil Armstrong, un sacré mythomane

Neil Armstrong, un sacré mythomane

On vous explique dans les livres que Christophe Colomb a découvert l’Amérique, que Lance Armstrong fut le premier homme à marcher sur la lune, etc… Tout ceci n’est que mensonge, mystification et hâblerie. La CIA, le FBI, la NSA, le NRO et le ZGEG nous manipulent, afin de nous maintenir dans l’ignorance et dominer le monde (car il est très agréable de dominer le monde, croyez-moi). Mais ne vous en faites pas, je suis là pour mettre fin à cette odieuse manipulation.

En 1969 Lance Armstrong débarque à bord de sa petite navette spatiale, et pose un pied sur l’astre de la nuit, avant de prononcer ces mots restés célèbres :  » C’est un pas de géant pour l’espèce humaine, et une aubaine pour nous tous « . Au-delà de l’exploit technique, l’expédition spatiale américaine s’inscrit dans un contexte de guerre froide. L’enjeu est clair : faire triompher le monde de la liberté et de la restauration rapide contre le camp de l’égalité et du manque de viande. C’est pourquoi les médias ont mis en avant le succès américain, alors même que deux ans auparavant des spationautes togolais avaient déjà conquis la lune.

Le Togo est un petit pays globalement pauvre du fait de son manque de richesses, hormis quelques dirigeants qui parviennent à tirer leur épingle du jeu grâce à leur esprit d’initiative et leur mentalité d’entrepreneurs. En juin 1967, le gouvernement togolais décide de lancer un programme spatial, avec pour objectif d’atteindre la lune.

Le protocole très stricte explique en grande partie le succès de l'opération

Le protocole ISO très stricte explique en grande partie le succès de l’opération

Tous les éléments les plus brillants du pays sont mobilisés, et dès juillet 1967, l’objectif est atteint par les trois Togolais chargés du programme. Écoutons le responsable scientifique qui mena a bien cette mission spatiale :

En gros le principe était simple : propulser ce que nous les scientifiques appelons une bouboule en plastique avec des explosifs assez puissants pour la faire quitter le sol. On a rassemblé des pétards tigres, on s’est mis bien en face de la lune, on a allumé les mèches, et c’était bon. On a attendu la pleine lune comme ça elle était plus grosse et donc plus facile à atteindre. Franchement on n’y croyait pas beaucoup, mais ça s’est vachement bien goupillé.

Base de lancement spatial de Dapaong

Base de lancement spatial de Dapaong

Seul point noir à ce succès total : aucun dispositif n’était prévu pour ramener le togonaute sur terre. Ce dernier est donc probablement décédé, mais des rêves plein les yeux et c’est bien ça le plus important !

Le scandaleux Tour de France 1934

1933_SpeicherLeducqComme vous le savez, j’adore le cyclisme. Non pas du fait des combishorts moulants portés par nos vaillants héros de la route ; non, je les trouve disgracieux et excessivement langoureux. J’aime le cyclisme car c’est un sport qui demande le courage, la souffrance et la rigueur morale qui manquent à notre pays, corrompu par le laxisme et le laisser-aller généralisé. J’aime le cyclisme car c’est un sport proche du terroir, de cette terre nourricière que travaillent avec l’énergie du vrai les Français depuis des générations. Alors lorsque j’ai appris que le Tour de France 1934 s’est joué sur une filouterie minable, mon sang n’a fait qu’un tour.

En effet, je travaille actuellement dans le fonds d’archives Gérard Holtz à la Bibliothèque nationale de France, dans le but d’écrire la biographie de cet homme au parcours fascinant. Mais mon travail a pris une tournure inattendue lorsque j’ai mis la main sur un petit livret estampillé Antenne 2. A l’intérieur, stupeur : j’ai découvert que le vainqueur du Tour de France 1934 n’était pas le Français Jean-Louis Bibart comme le prétend le palmarès officiel. Oui, la triche déjà, bien avant l’EPO.

Rappelons qu’en 1934, Hitler est au pouvoir en Allemagne, et qu’il souhaite par-dessus tout qu’un Allemand remporte la Grande Boucle. C’est pourquoi il met en place un programme dantesque pour améliorer les performances de l’équipe teutonne. Il engage le docteur Schwartz, qui révolutionne le cyclisme en proposant aux coureurs de s’entrainer s’ils le souhaitent en pratiquant régulièrement le vélo, afin d’augmenter leurs performances. Très vite, le jeune Hans Müller (surnommé le goujon de Hanovre) se met en évidence, remportant coup sur coup le Tour de Bavière puis la Flèche du Rhin. Du côté français, c’est bien entendu l’inquiétude qui prédomine, car on prend alors conscience que le Tour pourrait revenir à un Allemand.

Le podium du Tour de France 1934

Le podium du Tour de France 1934

C’est alors que le misérable José Merrieut, directeur technique national, met au point une manœuvre téméraire mais malhonnête : l’équipe française sera emmenée par un ours, grimé maladroitement en être humain. Si le procédé est déroutant, j’admets que la cause est noble, puisqu’il s’agit de défendre notre nation ; et autant je tolère qu’un homme n’aime pas son prochain, car c’est fort peu naturel, par contre j’abhorre de tout mon être ceux qui refusent le patriotisme le plus élémentaire.

L’ours est rasé de près, ses ongles sont coupés ras, et il enfile un maillot tricolore taille XXL au nom de Jean-Louis Bibart. Les journalistes n’y voient que du feu : lors des interviews, un ventriloque se place à côté de l’animal pour répondre de façon crédible ( » Chaque jour est une nouvelle étape, j’espère que tout se passera bien demain  » ou  » Ma victoire c’est d’abord la réussite d’une équipe « ). Et personne ne semble vraiment intrigué à la vue du directeur sportif qui lance des morceaux de viande de mouton à l’avant du peloton pour inciter l’ours à accélérer. Il paraît même que l’ours se faisait transfuser du sang humain pour améliorer ses performances.

Résultat : après trois semaines de course, l’ours possède six heures d’avance sur ses concurrents. Les spectateurs imbéciles et cocardiers célèbrent comme des veaux sa victoire sur les Champs-Élysées, élevant le vainqueur au rang de demi-Dieu. Et les Français, cons comme leurs pieds, tiennent leur sauveur, et foutre Dieu tant pis si ça pue la magouille à plein nez. Et bien désolé de pousser une gueulante, mais cette victoire a été acquise de façon dégueulasse par des Jean-foutres, par des pelles à merde et des peigne-culs, et comme beaucoup je me sens grugé bien comme il faut. Si d’habitude je suis producteur de savoir, présentement je suis producteur de colère et d’aigreur comme savent l’être les hommes de la Picardie du Sud-Est dont je suis.

Permettez-moi de reprendre la citation de Rivarol  » Dans chaque ami, il y a la moitié d’un traître  « , et de l’adapter à la situation :  » dans chaque ours, il y a la moitié d’un traître « .

Les étrangers pendant la Première guerre mondiale

La bataille de Verdun fut un grand moment de mixité des différents peuples

La bataille de Verdun fut un grand moment de mixité des différents peuples

Les étrangers existent. Oh, je ne m’en réjouis pas, mais c’est comme ça. Les étrangers sont faciles à repérer, car contrairement aux Français, ils profitent de notre système social et habitent des grands ensembles hideux, là où le Français ont généralement le bon goût de travailler et d’habiter dans un pavillon.

Les étrangers sont bêtes car ils pensent que ce sont nous les étrangers, alors que c’est l’inverse. Mais l’historien que je suis se doit de vous rappeler que les étrangers existent depuis plusieurs siècles environ, et qu’ils ont joué un rôle important dans l’histoire du monde. Aujourd’hui, nous verrons ce que ces métèques allogènes ont bien pu faire pendant la Première guerre mondiale.

Les Allemands : les chleuhs sont impulsifs et malpolis, et les événements de 1914 l’ont bien rappelé, car ce sont eux les principaux responsables de la guerre. Personne n’a jamais compris pourquoi ils portaient un casque à pointe, mais j’ai ma petite idée : ils étaient très cons. On sait désormais qu’une insoutenable odeur de saucisse de Francfort émanait des tranchées allemandes.

Les Anglais : comme d’habitude les Anglais ont montré l’étendue de leur égoïsme en restant bien à l’abri sur leur île. Peu fair play, ils tiraient toujours les premiers. La guerre n’a absolument pas changé leurs habitudes : on ne compte plus le nombre de témoignages de poilus exaspérés racontant comment les Anglais organisaient des parties de cricket ou de polo dans les tranchées. On raconte même qu’au beau milieu d’une offensive, les Tommies auraient stoppé leur avancée pour siroter une coupe de thé au beau milieu du no man’s land.

Les Turcs : personne n’a vraiment compris ce que faisaient les Turcs pendant la guerre, et eux-mêmes ne le savent probablement pas. On sait que, couards, ils attendirent un an avant d’entrer en guerre, comme ça, sans raison. Peut-être le temps de se laisser pousser la moustache pour les hommes, ou de cuisiner des loukoums pour les femmes.

Les malentendus culturels pouvaient provoquer des incidents graves pendant la guerre

Les malentendus culturels pouvaient provoquer des incidents graves pendant la guerre

Les Bretons : ces gens-là, très sales et ne parlant pas un mot de français, venaient dans nos tranchées pour mourir à notre place, alors que franchement on ne leur avait rien demandé. Ils importent pendant la guerre un multiculturalisme insoutenable pour nos soldats, qui non seulement devaient éviter de mourir, mais en plus devait faire attention à la montée du communautarisme. Et ils portaient des chapeaux ronds, non mais sans blague.

J’aurais pu parler des Américains, des Russes et de bien d’autres mais j’avoue que je préfère m’arrêter là, car ce sujet me donne la nausée. Je donne raison à Paul-Jean Toulet qui disait  » Ce qu’il y a de meilleur à l’étranger ce sont les compatriotes qu’on y rencontre « .

L’histoire secrète du débarquement de Normandie

normandy-210316_640Le président François Hollande a célébré le bicentenaire du débarquement allié en Normandie par ce constat lapidaire : «  Des hommes sont montés dans des bateaux. Ils sont allés en Normandie et c’est une très bonne chose « . La citation n’est pas totalement exacte mais tout de même, il exagère. Rétablissons la vérité, comme nous avons l’habitude de le faire sur ce blog que je trouve excellent.

1. Une campagne de désinformation a remarquablement trompé Hitler. Des messages non codés, du type « Nous n’allons pas débarquer le 6 Juin en Normandie, nous allons débarquer plus tard et ailleurs  » inondaient les services de renseignement allemands. Apprenant le début des combats, Hitler déclara :  » Ben ça alors « .

2. Les alliés ont utilisé la guerre psychologique afin de prendre l’ascendant. Des saucisses de Francfort ont été larguées au Sud de Dieppe, afin de créer une diversion. Des cigarettes ont aussi été lâchées, afin de nuire gravement à la santé des Allemands et à celle de leur entourage. Certains, pris de panique, ont appelé le 3989 pour obtenir l’aide d’un médecin addictologue.

3. Les troupes ont suivi un entraînement aquatique inédit dans l’histoire du monde occidental. Bien entendu, tout commença modestement dans le petit bassin de la piscine municipale de Tucson aux États-Unis, avec des bouées attachées aux bras et ces espèces de grandes frites en mousse qui flottent à la surface de l’eau. Mais peu à peu les soldats devinrent de véritables hommes-grenouilles, ne se noyant plus qu’involontairement.

4. L’opération est restée secrète jusqu’au lendemain même de son déclenchement : afin d’éviter toute fuite, personne n’était au courant, pas même le président des États-Unis. Le responsable des opérations était un homme à qui l’on avait judicieusement coupé les cordes vocales (pour qu’il ne puisse pas parler des plans prévus), puis les bras (afin qu’il ne laisse aucune trace écrite).

5. L’art du camouflage fut poussé à son paroxysme. Certains soldats alliés portaient une petite moustache et une raie sur le côté, semant la confusion dans la wehrmacht. D’autres étaient déguisés en dauphin, en plancton voire même en voiture Volkswagen.

C’est ainsi que la victoire contre l’occupant nazi fut obtenue, nous libérant de l’oppression et nous permettant de regarder un dîner presque parfait ou d’écouter Keen’V sans crainte de représailles politiques.

Pétain et le développement durable : zéro pointé !

Velib_2510Le maréchal Pétain eut la lourde responsabilité de gouverner la France dans un contexte délicat. C’est pourquoi je ne suis pas de ceux qui blâment son gouvernement de combat, bien au contraire. Il fallait avoir un sacré caractère pour sauver ce qui pouvait l’être. Par contre, il est un aspect de la politique du maréchal Philippe qui me révolte : il a méthodiquement détricoté toutes les mesures en faveur du développement durable mises en place par ses prédécesseurs. Or cela me touche particulièrement, car il s’agit quand même de laisser à nos enfants une terre sur laquelle ils pourront s’épanouir.

Dès 1940, l’entourage du maréchal s’inquiète de la désinvolture avec laquelle le vainqueur de Verdun expédie à la va-vite les questions d’environnement. Il installe même son bureau dans un hôtel dont le bilan énergétique est F-. Dans ses mémoires, Pierre Laval raconte l’édifiante entrevue du 6 septembre 1940 :

Cette longue entrevue avec Pétain fut totalement stérile. Pendant une heure, j’abordais la nécessité de favoriser les énergies propres et de construire des pistes cyclables afin de limiter la pollution. Mais il était totalement obnubilé par les questions internationales et militaires, oubliant que la terre est notre bien commun. Dans une tentative désespérée, je proposais de faire du Vercors un PNR (Parc naturel régional, ndlr), mais non, ce n’était pas sa priorité. Plus le temps passait, plus ma conscience me tourmentait : que pourrais-je répondre à mes enfants lorsqu’ils me demanderont « papa qu’as-tu fais pour la planète pendant la guerre ? « 

Symboliquement, le ministère du développement durable disparaît, alors même qu’en Allemagne se met en place une ambitieuse politique de réduction de l’émission de CO². Heureusement pour l’honneur de notre pays, des hommes comme Charles de Gaulle décident alors de dénoncer ouvertement la politique environnementale du maréchal. Alors que les Français vivaient un cauchemar écologique, il leur offre une alternative, comme lors du méconnu discours du 17 juin 1940.

Français, Françaises, votre gouvernement maltraite la nature et tue les ours polaires. C’est pourquoi je préconise la mise en place d’un crédit d’impôts pour les entreprises innovantes dans le domaine des énergies non-carbonées. Avec l’aide de l’Allemagne, nous pourrons réaliser notre rêve d’un monde meilleur. Cela passe par la ratification de la convention internationale de Berlin relative aux marées noires, et la création d’un système de location de vélo dans les grandes villes, les Gaullib’.

Et vous, qu’auriez-vous fait en 1940 ?

La Marseillaise, un chant belliqueux ?

Pils_-_Rouget_de_Lisle_chantant_la_MarseillaiseminiJe dois vous raconter une histoire extraordinaire. Lundi dernier, je suis allé faire les soldes afin d’acheter au meilleur prix des mocassins à glands, vous savez les mêmes que ceux portés par Alain Juppé lors de ses interventions politiques porteuses d’espoir pour ses concitoyens. J’aperçois le magasin Cyrillus rue de Sèvres, lorsque soudain un homme d’origine incertaine me toise longuement, avant de cracher par terre et de m’interpeler publiquement :  » dites-donc vous, l’historien, pourquoi n’évoquez-vous jamais la Marseillaise ? Notre hymne national est violent et barbare, mais ça vous préférez ne pas l’évoquer !  » Passé la surprise, je dois bien dire que le prolétaire numide n’avait pas complètement tort. Je n’avais jamais évoqué ce sujet, et cela me tourmenta tellement que j’en oubliais d’acheter mes chaussures. C’est pourquoi j’ai décidé d’analyser les paroles de notre hymne afin de savoir s’il faut ou non en changer :

  •  » Allons enfants de la Patrie, Le jour de gloire est arrivé ! «  ; Alors là rien à dire, ça me remplit le cœur d’un magnifique espoir. C’est un peu vague (qu’est-ce qu’un jour de gloire ? Une sorte de barbecue citoyen avec des slammeurs et des châteaux mous ? ) mais j’aime bien.
  •  » Contre nous de la tyrannie, L’étendard sanglant est levé, (bis)  » ; C’est ici que les problèmes commencent. Je suis d’accord avec le début, car je tiens la tyrannie en horreur, par contre quelle idée de lever un étendard sanglant ? N’était-il pas possible de le laver, même s’il est difficile de laver les taches de sang (même avec une lessive de marque, et malgré leurs promesses publicitaires) ? Ne pouvait-on pas mettre de côté l’étendard sanglant le temps d’enlever la tâche, et prendre à la place un étendard neuf ? Et puis si j’avais un étendard sanglant et que je devais absolument le lever, je ne le ferais qu’une seule fois (or le bis indique qu’il est levé deux fois, donc ceux qui avaient loupé la tâche la première fois ont deux fois plus de chance de la remarquer ensuite).
  •  » Entendez-vous dans les campagnes, Mugir ces féroces soldats ? «  On passe du coq à l’âne, quel est le lien avec l’étendard sali ? De plus je n’entends rien du tout, mais il est vrai que je n’habite pas la campagne. Et je préfère, parce que la perspective d’être dérangé par des braillards de mauvaise compagnie ne me plaît pas du tout. C’est ça le jour de gloire, des espèces de brigands ivres qui poussent des cris terrifiants pour effrayer les gens ?
  •  » Ils viennent jusque dans vos bras, Égorger vos fils, vos compagnes ! «  Trop c’est trop, je m’arrête là. Passe encore le manque de cohérence de la chanson, mais là l’auteur de la Marseillaise dérape en évoquant des homicides prémédités pour je ne sais quelle raison obscure. Étant célibataire je ne me sens pas particulièrement concerné, mais il faut avouer que ça fout carrément les grosses miquettes.

Faisons un bilan : un jour de gloire dont on ne connait rien des modalités pratiques ou des stands qui seront présentés, des linges salis qu’on arbore l’air de rien au mépris des règles d’hygiène les plus élémentaires, des chenapans alcoolisés qui beuglent à tu-tête, des égorgements non-sollicités en zone rurale… J’ai honte pour mon pays qui mérite bien mieux.

L’incroyable histoire du prix Nobel de la paix 1927

Alfred Nobel

Alfred Nobel

Vous le savez, le prix Nobel de la paix tire son nom d’Alfred Nobel, industriel suédois et militant pacifiste. En 1867 il invente la dynamite, au départ pour faciliter l’exploitation minière ou la construction de tunnels. Mais bien vite, son invention est détournée par les États européens, qui s’en servent pour équiper leurs armées d’explosifs dévastateurs. Pris de remords, Alfred décide d’utiliser sa fortune pour récompenser chaque année un homme ayant œuvré pour la paix dans le monde.

Par exemple, en 2009 c’est le président américain Barack Obama qui en est le lauréat, pour avoir déclaré que  » les Etats-Unis n’étaient pas -et ne seraient jamais- en guerre contre l’islam « , ce qui est extraordinairement courageux et politiquement incorrect. Même si les USA représentent 45% des dépenses militaires dans le monde, qu’ils disposent de 5 500 bombes nucléaires et stationnent des troupes dans une trentaine de pays, son discours est une bouffée d’air frais pour les hommes de paix du monde entier. Depuis 2009 je constate d’ailleurs que le monde est chaque jour un peu meilleur.

La situation est bien différente en 1927, puisque c’est un Français, Jean Damarrage qui obtient le prix Nobel de la paix. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais il a évité un véritable bain de sang à Coutron, village de Saône-et-Loire de 340 habitants. Loin de former une communauté soudée, ce bled peuplé de bouseux un peu rustres est rongé par d’insoutenables tensions : Pierre Tardieu souhaite construire un cabanon de jardin sur sa propriété, mais le maire refuse de lui signer le permis de construire. Débute un bras de fer de plusieurs mois, durant lesquels les habitants prennent partie tantôt pour Tardieu, tantôt pour le maire. Le village est divisé, et aux invectives orales succèdent rapidement des actes délictueux. Les boîtes aux lettres sont régulièrement prises pour cible, et le parterre de fleurs de la place du village est détruit. Chacun soupçonne son voisin de commettre les méfaits, et bien vite une atmosphère pesante et délétère s’installe dans le patelin. Des milices rivales sont mises sur pied, et les péquenauds mal dégrossis patrouillent fusil à l’épaule et chien aux pieds, prêts à éliminer un voisin gênant.

La crise atteint son paroxysme lors des élections de 1927, lorsque le dépouillement révèle qu’un habitant a voté pour une liste de gauche. Une véritable chasse aux sorcières se met en place, chacun se faisant un devoir personnel de débusquer le bolchévique. Sentant que le lien social s’étiole et qu’au jour d’aujourd’hui le vivre-ensemble est menacé, Jean Damarrage a soudainement une idée de génie. Il sait qu’un campement de romanichels s’est installé en périphérie du village, et décide de ressouder les habitants du village en prenant cette communauté bien singulière pour cible. Et si les gens du voyage ne faisaient guère parler d’eux, c’est dans la presse qu’il apprend la vérité : ils sont en réalité des populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation. Il y découvre horrifié que ces gens commettent des larcins, et que les femmes portent des fichus bariolés.

La nuit, il vole des poules, brise des fenêtres ou scie des arbres, tout en laissait sur le lieu du méfait un fichu bariolé, ou une enveloppe contenant le texte suivant :  » Cet acte délictueux a été réalisé par la communauté des gens du voyage du village « . En seulement quelques jours, on assiste à une magnifique réconciliation entre les habitants du village, et les tensions passées sont oubliées. Une fois le campement de romanos brûlé, une grande fête de la fraternité achève de remettre le village de Coutron dans le chemin de l’harmonie et de l’amour. C’est donc fort logiquement que Jean Damarrage reçoit le prix Nobel de la paix en 1927, ainsi qu’un chèque de 10 millions de couronnes suédoises qu’il utilise généreusement pour faire rénover la salle des fêtes du village.

Comme disait Renée Girard,  » le bouc émissaire apparaît très méchant, dangereux, mais aussi très bon et secourable puisqu’il ressoude la communauté et purge la violence « . Oh, comme c’est complexe et raffiné !

Le 11 novembre, un coup dur pour la France

Des femmes furieuses contre l'armistice manifestent à Paris

Des femmes furieuses contre l’armistice manifestent à Paris

Les historiens, dans leur infinie médiocrité, ont tendance à présenter le 11 novembre 1918 comme un immense soulagement pour les peuples européens. Cette date marque en effet la signature de l’armistice mettant fin à la Première guerre mondiale, alors le conflit le plus meurtrier de l’histoire. Pourtant, un examen plus scrupuleux des faits prouve que l’arrêt des combats fut davantage vécu comme un contretemps fâcheux que comme une délivrance.

L’armistice prend en effet de cours les services de l’État, qui s’étaient organisés pour se battre jusqu’à l’été 1919. Le ministre de la guerre d’alors, dans ses mémoires, raconte :

Nous avions assez de munitions pour faire la guerre jusqu’en 1919, et l’armistice nous a pris par surprise. D’un seul coup nous nous retrouvions avec plus de 500 000 cartouches et 100 000 obus sur les bras, sans pouvoir les utiliser. C’est pourquoi nous avons proposé à d’autres pays disposant de stocks d’armes de nous déclarer la guerre, dans une logique win-win. Mais personne n’accepta, sans doute par populisme. Nous avons alors envisagé d’utiliser nos armes en surplus pour organiser la plus grande partie de chasse de l’histoire, mais les associations écologistes nous ont fait barrage.

L’administration française est elle aussi chamboulée par ce maudit armistice. Citons M. Damarrage, responsable du sous-comité administratif aux opérations de recensement :

Du jour au lendemain nos formulaires n’étaient plus adaptés. Nous avions mis trois ans à organiser nos bureaux administratifs et à offrir au public des documents adaptés à la guerre (citons le remarquable formulaire B637 relatif aux pensions de veuvage hors territoire métropolitain dans le cadre d’un barème progressif), et plouf, il faut tout changer à nouveau. J’ai bien tenté d’expliquer à Clemenceau qu’il nous fallait encore au moins trois mois de guerre pour rétablir un processus bureaucratique efficient, mais il n’entendait rien à la question.

L'arrêt des combats, funeste décision, pousse vers le chômage de nombreux ouvriers.

L’arrêt des combats, funeste décision, pousse vers le chômage de nombreux ouvriers.

Enfin, certains politologues s’élèvent contre un arrêt des combats jugé prématuré au regard de nos obligations internationales. José Partoulet, président du think tank Terra Pugna, justifie en décembre 1918 sa position à l’Assemblée nationale :

Il est regrettable de s’arrêter à 1,4 millions de morts en novembre 1918, c’est-à-dire juste en-dessous de la barre symbolique des 1,5 millions, pourtant inscrite dans les traités. Une fois de plus nous n’avons pas été capable de tenir nos engagements auprès de nos partenaires européens ; je pense en particulier l’Allemagne, bon élève de l’Europe, qui compte 2,5 millions de morts. C’est donc la crédibilité même de notre parole qui est remise en cause.

En résumé, l’armistice du 11 novembre 1918 est sans doute une décision impulsive et mal préparée, qui plonge la France dans un désordre administratif et financier fort regrettable. Si quelques voix courageuses s’élevèrent pour continuer les combats jusqu’au printemps 1919, les dirigeants de l’époque cédèrent à la démagogie et au populisme ambiant. Les combats cessèrent, mais le prix à payer pour cette option hâtive fut des mois de désorganisation, se traduisant par des fils d’attentes gigantesques en préfecture et un gâchis financier sans égal. Une fois de plus, les hommes politiques choisirent une solution de courte vue, au détriment des administrés. Comme le dit un proverbe persan, « La précipitation vient du Diable ; Dieu travaille lentement.  »