Aux racines de Daesh : Bouchra Ben Bolos

On ne peut comprendre la montée en puissance de l’Etat islamique, aussi appelé Daesh, sans évoquer le parcours singulier de son fondateur, Bouchra Ben Bolos (littéralement « le fils de la différence »). Né au moment précis de l’accouchement de sa mère, sa trajectoire est singulière.

A la mosquée, l’imam le remarque tout de suite :

Il me posait des questions sur la sourate (5/32) du Coran : « quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes ». Il me disait avoir beaucoup de mal à en comprendre le sens. Je lui expliquais qu’il était tout simplement interdit de tuer un autre homme, mais pour lui cela ne faisait pas sens au jour d’aujourd’hui. Il me demandait si on pouvait tuer quand même, que le texte était super ambigu. Je lui disait que non, mais lui me disait que si, alors je lui disait que non. Ces conversations étaient très intéressantes.

A 16 ans, un premier incident alerte ses parents : il dévalise le rayon charcuterie du supermarché le plus proche, place la viande dans le lave-linge et lance un programme textile délicat en hurlant « crève Cochonou ». Cet épisode suscite les moqueries de son entourage. Bouchra est alors surnommé « la grande asperge » ou « la petite tarte ». Certains enfants, plus acerbes, le qualifient moins subtilement de « sac à merde », en référence à son morphotype inaccoutumé.

Ses parents inquiets lui font alors passer un test de QI, qu’il rate haut la main. Cet échec attire immédiatement l’attention de la direction des ressources humaines de l’Etat islamique, dirigée par Mokhtar ben Recrutement (littéralement « le fils de Pôle emploi »)  :

Bouchra Ben Bolos était un candidat exceptionnel. Dans les standards ISO de recrutement de l’Etat islamique, un quotient intellectuel supérieur à 20 est éliminatoire. Mais Bouchra avait un QI négatif, ce qui en faisait un chef tout désigné pour notre mouvement. Il parlait peu, et ne pensait pas davantage. Tout le monde voulait devenir comme lui.

Une dernière rencontre va changer sa vie. A l’âge de 20 il rencontre Monique ben Ranou (littéralement « la fille découennée »), qui se révèle être en réalité à la fois sa sœur et sa tante. Cette femme diabolique aux cheveux de feu va accélérer son processus de radicalisation, l’incitant à porter une djellaba trop courte au niveau des chevilles et à porter des baskets de type Reebok. C’est le point de départ d’un engrenage tragique.

Une histoire qui donne tout son sens à cette citation de Frédéric Dard : « Il y aurait plusieurs façons d’être con, mais le con choisit toujours la pire. »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s