Quelques idées reçues sur la monarchie française

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Vaste programme

Face à la crise inédite de nos institutions, de nombreux intellectuels français comme Thierry Ardisson ou Lorant Deutsch affirment publiquement être monarchistes. Je dois bien avouer que j’ai moi-même certains penchants royalistes. Mais c’est surtout le bourrage de crâne républicain dans les médias que je trouve insupportable. L’article du jour a pour vocation d’offrir un point de vue nuancé et objectif sur la période qui voyait notre beau pays gouverné par les têtes couronnées.

La monarchie, c’est l’injustice : faux !

On présente souvent le règne de Louis XIV comme celui d’une justice du prince, qui pouvait au moindre caprice embastiller n’importe quel raseur. Rien n’est moins vrai, car à l’époque déjà tous les hommes, riches comme pauvres, étaient égaux devant la loi qui leur interdisait sans distinction de rang de coucher sous les ponts, de mendier ou de voler du pain.

La monarchie, c’est la dette : vrai et faux !

Certes, la monarchie avait un train de vie assez somptuaire, et dépensait sans compter de l’argent qu’elle n’avait pas. A la veille de la Révolution, le service de la dette représente 80% du budget annuel de l’État. Ces dépenses n’étaient pas toujours utiles : Hugues Capet acheta à l’Angleterre plusieurs dindons qu’il trouvait magnifiques ; Louis XIII fit venir de Hongrie des guéridons en mousse sculptée. Il fallait aussi financer la guerre, sans quoi notre pays aurait été confronté à une surpopulation ingérable.

Mais rappelons que la dette française était détenue par des nobles Français très attachés au bon fonctionnement de leur pays. Prenons l’exemple du Duc de Saint-Dizier, qui déclara en 1788 :  » peu me chaut de ne point revoir la couleur de ma monnaie ; je ne souhaite pas infliger au bon peuple de France une politique de rigueur qui jetterait les plus faibles dans la misère, et les plus miséreux dans la mort « . Les détenteurs de la dette française, loin de spéculer pour augmenter leur rente, agissait dans l’intérêt général. Attitude que l’on retrouve aussi de nos jours.

L'actuel roi de France, Louis XX

L’actuel roi de France, Louis XX, met les points sur les i et clarifie sa situation professionnelle

Il y avait beaucoup trop de rois : vrai !

Selon mon benchmarking ISO 2000, on compte au total plus de 70 rois de France, ce qui est un chiffre très élevé. De plus ils s’appellent tous Louis, et retenir qui règne quand est un vrai casse-tête. Richelieu avait bien tenté de limiter le nombre de rois en fixant à trente ans la durée minimum du règne, mais ce ne fut guère respecté pour des raisons de décès inattendus.

Terminons par une citation de Montesquieu : « La monarchie dégénère ordinairement dans le despotisme d’un seul ; l’aristocratie dans le despotisme de plusieurs ; la démocratie dans le despotisme du peuple ». Tiens, on ne m’avait pas appris à l’école que c’était un gros con en fait.

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Aoûtiens, à vos livres d’histoire !

La couverture doit être votre premier critère de choix d'un livre. Ici, un bon livre.

La couverture doit être votre premier critère de choix d’un livre d’histoire. Ici, sans l’ombre d’un doute un bon livre.

Les Français lisent peu et lisent mal, toutes les enquêtes le prouvent (faites moi confiance, vous n’êtes pas obligé de les lire, ou alors faites-le en diagonale). Écrasés par le poids d’un quotidien vide de sens, ils se tournent vers la presse people et ou la télé-réalité. Les grandes vacances constituent l’occasion rêvée de changer ces mauvaises habitudes et de se plonger dans des ouvrages historiques de qualité. Aoûtiens, cet article est pour vous ! Si vous êtes juillettiste, ignorez simplement ce billet et retournez à Pôle emploi.

  • Histoire de l’Afrique, Patrick Cheule, 1 page : excellent ouvrage de synthèse sur le continent noir, fruit d’un remarquable travail de recherche. Ce livre très synthétique se heurte malgré tout à un problème : l’homme noir n’est pas encore entré dans l’histoire, malgré nos exhortations insistantes mais polies. Vous trouverez donc principalement des informations sur les Afrikaners.
  • Historiographie et épistémologie historique, Laurent Deutsch, 675 pages : alors que la pensée unique condamne les travaux de Laurent Deutsch, l’historien confirme qu’il est producteur d’un contenu scientifique remarquable. Le style est léché, et l’approche post-dialectique bouscule nos idées préconçues. De belles illustrations sur le régime de Vichy.
  • Guide 2014 du bricolage, Bruno Estienne, 245 pages : aucun lien avec l’histoire, mais j’avais un problème assez malplaisant avec les joints d’isolation de ma douche. Rassurez-vous, tout est réglé. J’attends encore que l’assurance me contacte pour le dégât des eaux, je vous tiendrai au courant.

        Fuyez les livres de vulgarisation trop généraux et au titre alléchant comme celui-ci, ils sont souvent source de déception

    Fuyez les livres de vulgarisation trop généraux et au titre alléchant comme celui-ci, ils sont souvent source de déception

  • Cauet, un destin français, Anatole Jusin, 7958 pages : les éditions Mourtel complètent leur catalogue biographique avec un beau portrait de l’animateur Sébastien Cauet. Ponctué d’anecdotes faubouriennes mais pas vulgaires, ce livre retrace l’ascension fulgurante de ce pur produit de la méritocratie républicaine. Tout y passe : les joies, les succès, mais aussi les doutes, les peines, ces petites tristesses qui pèsent mais vous font sentir vivant. Malgré le sérieux avec lequel est réalisé l’ouvrage et le talent certain du professeur Jusin, on regrette la piètre qualité des informations et l’absence totale de déontologie de l’auteur.
Attention à bien choisir vos livres d'histoire. Ici à droite un livre rédigé par un bolchévique pro-gender mélenchono-trotskiste. A gauche un livre par quelqu'un qui aime la France, tout simplement.

Attention à bien choisir vos livres d’histoire. Ici à droite un livre rédigé par un bolchévique pro-gender mélenchono-trotskiste végétarien. A gauche un livre par quelqu’un qui aime la France, tout simplement.

Note de la rédaction : il est possible que cet article soit publié en retard, l’auteur travaillant avec un forfait AoL 20 heures bas débit et un modem 56k Bauds, ce qui rend la mise à jour particulièrement longue et laborieuse.

Le 11 novembre, un coup dur pour la France

Des femmes furieuses contre l'armistice manifestent à Paris

Des femmes furieuses contre l’armistice manifestent à Paris

Les historiens, dans leur infinie médiocrité, ont tendance à présenter le 11 novembre 1918 comme un immense soulagement pour les peuples européens. Cette date marque en effet la signature de l’armistice mettant fin à la Première guerre mondiale, alors le conflit le plus meurtrier de l’histoire. Pourtant, un examen plus scrupuleux des faits prouve que l’arrêt des combats fut davantage vécu comme un contretemps fâcheux que comme une délivrance.

L’armistice prend en effet de cours les services de l’État, qui s’étaient organisés pour se battre jusqu’à l’été 1919. Le ministre de la guerre d’alors, dans ses mémoires, raconte :

Nous avions assez de munitions pour faire la guerre jusqu’en 1919, et l’armistice nous a pris par surprise. D’un seul coup nous nous retrouvions avec plus de 500 000 cartouches et 100 000 obus sur les bras, sans pouvoir les utiliser. C’est pourquoi nous avons proposé à d’autres pays disposant de stocks d’armes de nous déclarer la guerre, dans une logique win-win. Mais personne n’accepta, sans doute par populisme. Nous avons alors envisagé d’utiliser nos armes en surplus pour organiser la plus grande partie de chasse de l’histoire, mais les associations écologistes nous ont fait barrage.

L’administration française est elle aussi chamboulée par ce maudit armistice. Citons M. Damarrage, responsable du sous-comité administratif aux opérations de recensement :

Du jour au lendemain nos formulaires n’étaient plus adaptés. Nous avions mis trois ans à organiser nos bureaux administratifs et à offrir au public des documents adaptés à la guerre (citons le remarquable formulaire B637 relatif aux pensions de veuvage hors territoire métropolitain dans le cadre d’un barème progressif), et plouf, il faut tout changer à nouveau. J’ai bien tenté d’expliquer à Clemenceau qu’il nous fallait encore au moins trois mois de guerre pour rétablir un processus bureaucratique efficient, mais il n’entendait rien à la question.

L'arrêt des combats, funeste décision, pousse vers le chômage de nombreux ouvriers.

L’arrêt des combats, funeste décision, pousse vers le chômage de nombreux ouvriers.

Enfin, certains politologues s’élèvent contre un arrêt des combats jugé prématuré au regard de nos obligations internationales. José Partoulet, président du think tank Terra Pugna, justifie en décembre 1918 sa position à l’Assemblée nationale :

Il est regrettable de s’arrêter à 1,4 millions de morts en novembre 1918, c’est-à-dire juste en-dessous de la barre symbolique des 1,5 millions, pourtant inscrite dans les traités. Une fois de plus nous n’avons pas été capable de tenir nos engagements auprès de nos partenaires européens ; je pense en particulier l’Allemagne, bon élève de l’Europe, qui compte 2,5 millions de morts. C’est donc la crédibilité même de notre parole qui est remise en cause.

En résumé, l’armistice du 11 novembre 1918 est sans doute une décision impulsive et mal préparée, qui plonge la France dans un désordre administratif et financier fort regrettable. Si quelques voix courageuses s’élevèrent pour continuer les combats jusqu’au printemps 1919, les dirigeants de l’époque cédèrent à la démagogie et au populisme ambiant. Les combats cessèrent, mais le prix à payer pour cette option hâtive fut des mois de désorganisation, se traduisant par des fils d’attentes gigantesques en préfecture et un gâchis financier sans égal. Une fois de plus, les hommes politiques choisirent une solution de courte vue, au détriment des administrés. Comme le dit un proverbe persan, « La précipitation vient du Diable ; Dieu travaille lentement.  »

La justice au Moyen Âge : un modèle à suivre ?

Légende de la miniature : " Tiens, celui-là m'a l'air coupable "

Légende de la miniature :  » Tiens, celui-là m’a l’air coupable « 

Notre justice est malade de ses errements, et les Français n’ont plus confiance en elle. Il faut la réinventer, et quoi de mieux que de se tourner vers le passé pour résoudre les crises de notre temps ? Faut-il s’inspirer de la justice médiévale pour restaurer un climat plus serein dans notre pays ?

Car au Moyen-Âge comme partout il existait déjà des délinquants. On connaît surtout les jeunes portant des cottes de mailles qui trainaient en bas des châteaux et semaient la terreur des honnêtes contribuables. Mais il y avait aussi les paysans qui gardaient une partie de la récolte due au seigneur (fraude fiscale) , les taverniers qui n’appliquaient pas l’interdiction de fumer dans les auberges, les commerçants qui coupaient leur gnôle avec de l’urine de cheval et les banquiers qui pratiquaient l’usure. C’était une époque bien triste.

Malheureusement, il était très difficile de réprimer ces méfaits à cause de l’absence de système de vidéo-surveillance et de police de proximité. Il fallait donc faire avec les moyens du bord, et autant vous le dire tout de suite, ce n’était pas joli-joli. Une partie non-négligeable des méfaits était réglée selon le principe dit de « la vengeance  » : on me vole ma bourse, alors je reviens avec cinq membres de ma famille pour me faire justice moi-même. C’est indigne d’un État de droit, car nul ne peut faire violence sans décision de justice. C’est à la société de sanctionner les méfaits, le tout dans le respect des textes édictés par des hommes de droit.

C’est pourquoi les sociétés médiévales mirent en place l’ordalie, aussi appelée Justice de Dieu, pour concilier ordre public et respect de la dignité humaine. Il existe différentes sortes d’ordalies :

  • l’ordalie par le feu : l’accusé doit simplement marcher pieds nus sur un petit monticule de flammes, de feu et de braises. S’il se brûle, c’est qu’il est coupable.
  • l’ordalie par l’eau bouillante : l’accusé doit plonger sa main dans une bassine d’eau bouillante pour y prendre un petit caillou. Si sa main est brûlée, cela signifie qu’il est coupable.
  • l’ordalie du fromage : l’accusé doit avaler un gros fromage de chèvre, sans boire d’eau. S’il s’étouffe et meurt, c’est qu’il est coupable ; il est donc condamné à réparer le préjudice causé. Ce type d’ordalie fut très vite abandonné suite à des cas d’allergies au lactose ayant profondément choqué les jurés.
  • l’ordalie de la Croix : les deux individus qui s’opposent sont ligotés sur un poteau, et doivent maintenir leurs bras à l’horizontal, de façon à former une croix. Le premier qui baissait les bras était condamné à mort. C’est mon ordalie préférée, on dirait une épreuve de Koh-Lanta pour obtenir un totem d’immunité.

Alors faut-il s’inspirer de la justice du Moyen Âge ? Permettez-moi de répondre de façon malicieuse : dans une certaine mesure.

Le catastrophique entretien d’embauche d’Hitler

Nous conhitler-peintnaissons tous Adolf Hitler, que je considère comme un sale type. Sa folie a poussé le monde dans la guerre et la destruction ; mais saviez-vous qu’il n’est devenu dictateur que par défaut ? Son véritable rêve était de devenir peintre professionnel. Le jeune Hitler, sans allure avec sa petite moustache d’adolescent et sa disgracieuse mèche au milieu du front, voulait vivre de ses œuvres. Malgré son absence totale de talent, il candidate en 1908 à l’école des Beaux Arts de Vienne, mais il est malheureusement recalé. Nous avons retrouvé un document exceptionnel : la transcription de son entretien d’entrée avec le directeur de l’école.

Question : Parlez nous de vous.

Bonjour je m’appelle Adolf Hitler et j’aime beaucoup l’art, c’est pourquoi je souhaite intégrer l’école des Beaux Arts du Louvre. J’ai consulté vos différentes formations sur votre site Internet, et j’ai été vivement intéressé par l’excellence de votre établissement. Je pense pouvoir apporter à votre école ma motivation et mon goût pour les belles choses. Et je suis nazi.

Q: Quels sont vos points forts ?

Hitler : ma moustache (il rigole). Non je plaisante. J’ai de la répartie, j’arrive à répondre de façon intelligente du tac au tac. Vous avez pu vous en rendre compte avec ma blague sur la moustache. Je suis aussi très sociable et facile à vivre.

Q: Quels sont vos points faibles ?

Hitler : On dit parfois que je suis un peu colérique (il sourit). C’est vrai que j’ai du mal à me contenir ! (l’air grave) Je digère aussi très mal les produits à base de gluten.

Q: Êtes-vous prêt à déménager pour poursuivre vos travaux ?

Hitler : oh oui, je suis prêt à déménager, par exemple à Varsovie ou à Paris qui sont deux villes que j’aime beaucoup.

Q : Quels sont vos thHieronymus_Bosch-Removing_the_Rocks_from_the_Head-Detail2èmes artistiques préférés ? Pouvez-vous nous montrer une de vos œuvres ?

Mon thème préféré est la mort. Voici ma peinture (voir image ci-contre), intitulée  » Le chirurgien aux deux têtes ouvre le crâne d’un homme mort  et sans histoire « , qui évoque bien le thème de la mort. Non pas que je sois quelqu’un de morbide, non je suis très équilibré psychologiquement.

Ce fut la dernière question de l’entretien ; une semaine plus tard, Hitler reçoit par courrier une lettre l’informant de son échec. Tentons de l’expliquer.

Un élément a joué en sa défaveur : Hitler, frappé de TOC, ne pouvait s’empêcher de lever son bras droit à chacune de ses réponses. Cela suscita d’abord la surprise du directeur de l’école des Beaux Arts, puis son embarras, et finalement un très net agacement.

Nous avons montré cet entretien d’embauche à monsieur Damarrage, responsable des ressources humaines chez AXA. Il tire pour nous les leçons de l’échec d’Hitler :

On le voit, le candidat avait un certain potentiel, mais il s’est cassé les dents sur des questions très classiques qu’il aurait dû préparer avant l’entretien. Il faut rester calme et montrer que vous parvenez à vous maîtriser même dans des situations de stress. Hitler aurait également dû tenter de se différencier des autres candidats, et son joli tableau lui en donnait l’occasion. Mais à mon avis, sa principale erreur est sa blague sur sa moustache.