La rentrée scolaire au Moyen-Âge

La méthode pédagogique dite " du gourdin "

La méthode pédagogique dite  » du gourdin « 

Le mois de septembre est celui de la rentrée scolaire. Nos petites têtes blondes retournent dans la joie s’abreuver des connaissances indispensables à leur épanouissement. L’éducation nationale, grosse machine bien huilée, semble se réveiller doucement après deux mois d’assoupissement. Mais au Moyen-Âge, il en va tout autrement.

D’abord, en ce temps là, l’éducation nationale était très mal organisée :

  • Il n’existait pas de ministre de l’éducation nationale afin de donner un cap à la politique éducative du pays, ce qui nous parait inimaginable de nos jours. De plus, on n’a retrouvé aucune trace d’un quelconque bulletin officiel ou d’un barème salarial en fonction des échelons, de l’ancienneté et des bonifications hors barème.
  • Aucune méthode pédagogique n’émerge, ce qui laisse les enseignants dans le flou le plus total. Méthode globale ou méthode syllabique ? Priorité aux savoirs-faire ou aux savoir-être ? Ne cherchez pas la réponse, elle n’existe pas.
  • L’archéologie n’a trouvé aucune trace d’une politique de zonage comparable à nos ZEP actuelles. Seule exception à Meudon : le seigneur local a transformé son école en  » Zone de prévention des joutes « , afin de limiter les combats à cheval qui décimaient alors une jeunesse déclassée et bagarreuse.
  • L’école ne formait pas très bien à la vie professionnelle. Comme le fait joliment remarquer en 1237 Estienne Broudard, directeur de la communication du groupe agro-alimentaire inno b@vette : «  Cré vin diou de bon sang de bonsoir de merde, c’est ti point bêta d’apprendre la scolastique alors que je cherche des bons gars pour tâter le cul des vaches « . Il n’a pas tort.
  • Nulle mention dans les sources de tableaux numériques interactifs ou de formation aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Les élèves apprenaient avec des livres, ce qui est proprement stupéfiant.
Les punitions étaient parfois excessives

Les punitions étaient parfois excessives

La rentrée était aussi synonyme de bonne raclée pour la plupart des enfants. Prenons par exemple le témoignage de Guibert de Nogent au XIIe siècle (source : wikipédia) :

« Presque chaque jour j’étais lapidé [à l’école] par une furieuse grêle de soufflets et de coups de fouet » ; un jour, ma mère m’enleva ma chemise et « put contempler mes petits bras marqués de bleus, et la peau de mon pauvre dos enflée un peu partout à la suite des coups de verge », oui, vous avez bien lu le mot verge, cessez de ricaner je vous en prie.

La cause de cette rouste monumentale : l’oubli des dates de règne de Louis XIV. Cela peut sembler excessif, mais il n’empêche que notre Guibert s’exprime avec une grande aisance dans ce texte, ce qui prouve que l’école l’a remarquablement bien formé à l’écriture.

Face à l’enfer scolaire, les parents se sont rapidement mobilisés afin d’envoyer leurs enfants travailler dans les champs, les manufactures textiles ou les mines pour leur offrir un avenir plus radieux. Terminons par cette citation mystérieuse mais plaisante :  » L’éducation peut tout : elle fait danser les ours  » (Leibniz). Si vous avez la moindre idée de ce que cela signifie, dites-le moi.

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