Portrait d’un entrepreneur : Gutenberg

Le premier livre imprimé par Gutenberg, " L'imprimerie pour les Nuls "

Le premier livre imprimé par Gutenberg,  » L’imprimerie pour les Nuls « 

La France n’aime pas ses entrepreneurs, qui sont pourtant le moteur de notre croissance et de la création de richesse. Comme l’a affirmé George Bush :  » Le problème avec les Français est qu’ils n’ont pas de mot dans leur langue pour désigner l’entrepreneur « . Cela n’est pas tout à fait exact, puisque le mot entrepreneur existe, mais tout de même, c’est un vrai problème. Or, ce sont des hommes guidés par un esprit d’initiative à toute épreuve qui ont forgé l’histoire. Étudions aujourd’hui le cas de Johannes Gutenberg, qui a inventé l’imprimerie à la seule force de sa volonté.

De nombreux historiens à côté de la plaque explique que Gutenberg a inventé l’imprimerie pour diffuser la Bible et les écrits théologiques au plus grand nombre, afin de diffuser les modèles de sainteté indispensables à la vie vertueuse du chrétien. C’est absurde. Gutenberg était bien davantage guidé par la recherche du profit que par je ne sais quelle fable moraliste mystique. Inventorions ensemble les raisons qui poussèrent Gutenberg a inventer l’imprimerie.

  • Gutenberg souffrait depuis des années de la crampe de l’écrivain, car il était copiste pour une charcuterie locale qui distribuait des parchemins publicitaires pour se faire connaître. Toute la journée il rédigeait à la main des flyers indiquant le prix des abats et les réductions au rayon triperie, ce qui provoqua bien vite l’apparition d’une dystonie segmentaire, c’est-à-dire une contraction incontrôlable et irrégulière d’un muscle donné. A l’époque, c’était le mal du siècle. D’où l’idée d’automatiser le processus de reproduction d’un document.
  • Gutenberg avait installé son entreprise à Mayence. Or cette ville mettait en place une politique de l’offre, et proposait un crédit d’impôt très avantageux pour les start ups. Gutenberg installa ses locaux dans une zone franche ce qui lui permit de déduire de ses frais imposables jusqu’à 18% de sa formation nette de capital brut. Sans cela, il n’aurait jamais pu inventer l’imprimerie : à Strasbourg, où la franchise fiscale non-cumulable n’était que de 6,5%, il n’a jamais rien inventé par exemple.
  • Gutenberg souhaitait devenir riche, comme tout le monde, pour en mettre plein la vue à ses proches, et enfin pouvoir quitter la classe populaire méprisable et vulgaire. C’est donc sa nature humain profondément égoïste et vénale qui l’a incité à innover, afin de pouvoir devenir rentier et impressionner les hübsche Frauen, c’est-à-dire les tendrons mayençaises, les petites pépés pas farouches et roulées comme il faut.
La première invention de Gutenberg, le gaufrier, fut un échec

La première invention de Gutenberg, le gaufrier géant, fut un échec

A une époque où la France est engluée dans la stagnation économique, tirons les leçons du passé pour relancer l’innovation et la création de richesse. L’exemple de Gutenberg nous apprend que l’innovation naît de la conjonction de trois facteurs : il faut souffrir d’une maladie professionnelle incapacitante, mettre en place une politique de baisse des charges et enfin encourager la vénalité et l’égoïsme. Or en France, aucune condition n’est réunie. Alors un peu de courage, innovons ! Comme le disait très justement Nicole Notat,  » Gutenberg n’a pas attendu le développement du marché du livre pour inventer l’imprimerie « . Et vous ?

Charles IX, la Saint-Barthélemy et Red Bull

Dubois-massacre-détail2Avant de vous parler de la Saint-Barthélemy, épouvantable épisode de notre histoire, j’ai une annonce à faire. Afin de résoudre mes difficultés pécuniaires, j’ai noué des partenariats gagnants-gagnants avec des entreprises soucieuses d’associer leurs produits à mon blog. On ne vit pas d’amour et d’eau fraîche, il faut bien payer les séances de messages dans les petits salons chinois parisiens (désolé pour mon « parler cru », mais je souffre d’atroces rheumatismus penile). De surcroît, j’ai eu un choc lorsque j’ai découvert que ma fille de 14 mois avait plus d’argent sur son livret P’tit Malin Groupama que moi sur mon compte courant.

Ce sponsoring ne remet en aucun cas mon indépendance de ton ou ma liberté de parole ; bien au contraire, cette association rend pérenne ce blog, ce qui est une très bonne nouvelle et prouve une fois de plus que le libre jeu du marché n’est pas incompatible avec la production d’un savoir de qualité.

Revenons à la Saint-Barthélemy. Le 24 août 1572, le roi de France Charles IX décide de faire massacrer les protestants du royaume, qui commençaient vraiment à exagérer en célébrant des messes en français et en affirmant que les hommes sont égaux, ce qui est ridicule. Notre beau souverain a pourtant longtemps hésité à prendre cette décision. Confortablement installé dans un fauteuil en croute de cuir des magasins But, il se remémore les événements récents ; les guerres de religion durent depuis déjà plus de dix ans, et son entourage le presse d’agir. Alors calmement, il se verse un verre de bière blonde Amstel, qu’il boit goulument, et laisse son esprit vagabonder. Il sait qu’il lui faut agir, car sa montre Festina indique avec une précision remarquable qu’il est déjà midi, heure à laquelle il engloutit avec délectation une pizza Sodebo contenant 25% de sel en moins par rapport aux produits concurrents.

    La publicité existe depuis la Renaissance : ici pour le groupe ego sum, ancêtre d'I am

La publicité existe depuis la Renaissance : ici pour le groupe ego sum, ancêtre d’I am

Le ventre plein, il appelle son grand chancelier par une simple pression sur sa tablette tactile Samsung afin de lui faire part de sa décision : les protestants seront massacrés, à l’aide de scies à métaux Black et Decker s’il le faut. En quelques minutes, les armées royales se déploient dans la capitale, profitant des quatre roues motrices des Fiat Panda pour prendre de vitesse les protestants qui cherchaient à fuir. Plusieurs milliers de huguenots gisent alors dans les rues de Paris. On connait bien l’épouvantable histoire de Marc Issème, pasteur dont le flanc fut transpercé par une lance, et qui dans un dernier effort souffla à son fils les mots suivants :  » Je t’aime mon petit bonhomme. Cette rude épreuve fait de toi un homme un peu plus tôt que prévu, mais je sais que tu surmonteras ton affliction grâce à la garantie obsèques Malakoff Médéric que j’ai contracté. C’est de loin la meilleure offre du marché « .

Si nous pouvons légitimement avoir honte de cette page de notre histoire, il faut néanmoins s’en souvenir pour que jamais une telle tragédie ne se reproduise. Personnellement je l’ai noté dans mon agenda quo vadis pour être sur de ne pas l’oublier.

Si vous n’aimez pas la présence de publicité sur mon blog, souvenez-vous que  » La publicité, c’est la plus grande forme d’art du XXème siècle  » (Marshall Mc Luhan).

PS : likez, partagez et commentez ce post, afin de remporter des bons d’achat chez Auchan lors d’un grand tirage au sort.

La rentrée scolaire au Moyen-Âge

La méthode pédagogique dite " du gourdin "

La méthode pédagogique dite  » du gourdin « 

Le mois de septembre est celui de la rentrée scolaire. Nos petites têtes blondes retournent dans la joie s’abreuver des connaissances indispensables à leur épanouissement. L’éducation nationale, grosse machine bien huilée, semble se réveiller doucement après deux mois d’assoupissement. Mais au Moyen-Âge, il en va tout autrement.

D’abord, en ce temps là, l’éducation nationale était très mal organisée :

  • Il n’existait pas de ministre de l’éducation nationale afin de donner un cap à la politique éducative du pays, ce qui nous parait inimaginable de nos jours. De plus, on n’a retrouvé aucune trace d’un quelconque bulletin officiel ou d’un barème salarial en fonction des échelons, de l’ancienneté et des bonifications hors barème.
  • Aucune méthode pédagogique n’émerge, ce qui laisse les enseignants dans le flou le plus total. Méthode globale ou méthode syllabique ? Priorité aux savoirs-faire ou aux savoir-être ? Ne cherchez pas la réponse, elle n’existe pas.
  • L’archéologie n’a trouvé aucune trace d’une politique de zonage comparable à nos ZEP actuelles. Seule exception à Meudon : le seigneur local a transformé son école en  » Zone de prévention des joutes « , afin de limiter les combats à cheval qui décimaient alors une jeunesse déclassée et bagarreuse.
  • L’école ne formait pas très bien à la vie professionnelle. Comme le fait joliment remarquer en 1237 Estienne Broudard, directeur de la communication du groupe agro-alimentaire inno b@vette : «  Cré vin diou de bon sang de bonsoir de merde, c’est ti point bêta d’apprendre la scolastique alors que je cherche des bons gars pour tâter le cul des vaches « . Il n’a pas tort.
  • Nulle mention dans les sources de tableaux numériques interactifs ou de formation aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Les élèves apprenaient avec des livres, ce qui est proprement stupéfiant.
Les punitions étaient parfois excessives

Les punitions étaient parfois excessives

La rentrée était aussi synonyme de bonne raclée pour la plupart des enfants. Prenons par exemple le témoignage de Guibert de Nogent au XIIe siècle (source : wikipédia) :

« Presque chaque jour j’étais lapidé [à l’école] par une furieuse grêle de soufflets et de coups de fouet » ; un jour, ma mère m’enleva ma chemise et « put contempler mes petits bras marqués de bleus, et la peau de mon pauvre dos enflée un peu partout à la suite des coups de verge », oui, vous avez bien lu le mot verge, cessez de ricaner je vous en prie.

La cause de cette rouste monumentale : l’oubli des dates de règne de Louis XIV. Cela peut sembler excessif, mais il n’empêche que notre Guibert s’exprime avec une grande aisance dans ce texte, ce qui prouve que l’école l’a remarquablement bien formé à l’écriture.

Face à l’enfer scolaire, les parents se sont rapidement mobilisés afin d’envoyer leurs enfants travailler dans les champs, les manufactures textiles ou les mines pour leur offrir un avenir plus radieux. Terminons par cette citation mystérieuse mais plaisante :  » L’éducation peut tout : elle fait danser les ours  » (Leibniz). Si vous avez la moindre idée de ce que cela signifie, dites-le moi.

Luttons tous contre les nouveaux prénoms

Statistiques du prénom Gengoult en France

Statistiques du prénom Gengoult en France

Notre époque est généreuse en calamités : guerres civiles, sous-alimentation, xénophobie, coups d’État… A cette liste tragique, j’ajoute le fléau des nouveaux prénoms. Tentons de cataloguer l’infâme : Eloane, Célian, Mahé, Juline, Noam, Elian, Nathaël, Thaïs, Nathéo, Manoé, Izia, Kiki, Maé, Liséa, Maéline, Eléana, Méline, Méloée… Cela n’a aucune allure, aucune épaisseur, bref, c’est funeste et moche. Imaginez un peu l’appel du 18 Juin d’Anakin de Gaulle, ou la déclaration des droits de la femme par Framboise de Gouges.

Mais ce n’est pas vraiment étonnant lorsqu’on sait que ces prénoms émanent principalement des classes moyennes et inférieures, intellectuellement à la dérive. A croire que notre occident chéri a vendu son identité pour un plat de lentilles marque pouce.

C’est pourquoi j’appelle les Français à piocher dans la longue liste de prénoms médiévaux, fidèles à ce que nous sommes, et dont la beauté a été validée par le temps, pendant des siècles. Ne cédons pas au relativisme ambiant, ce qui fut beau à une époque l’est forcément encore aujourd’hui.

  • Pour les filles : Anségulède, Alpaïde, Frénégonde, Galswinthe, Ingoberd, Luitgarde, Redeswinthe ou Trutgarde.
  • Pour les garçons : Aistulf, Ansigisel, Buccelin, Chlodebert, Erchinoald, Gaukil, Helmgaud, Kouvrat, Moawiya ou encore Receswinthe.

Mon coup de cœur : Gengoult, canonisé après s’être fait occire par l’amant de sa femme. Comme vous pouvez le voir sur le graphique adossé à l’article, de plus en plus de Français font ce choix, et cela n’est pas pour me déplaire. Cela a quand même plus d’allure que Nathéo, non ?

Terminons par cette citation :  » Avant de choisir le prénom d’un garçon pensez à la femme qui aura à le murmurer plus tard  » (Jules Barbey d’Aurevilly), citation ma foi assez hétéro-normée.