La première guerre mondiale fut-elle vraiment agréable ?

tombeCette année, on fête le centenaire de la première guerre mondiale. Et ça cause sévère dans les bistrots :  » ah j’aurais aimé vivre en 14, au moins il n’y avait pas la crise «  ou encore  » pendant la guerre des gens explosaient car ils mangeaient trop de caviar « . Il est clair que dans l’imaginaire collectif des occidentaux, la grande guerre est associée à une certaine forme de raffinement, voire de bonheur. C’est en tout cas ce que nous rabâchent les médias et certains prédicateurs urbains. Disons-le : c’est des conneries. Déconstruisons ce mythe point par point.

1) La guerre n’a pas fait beaucoup de morts. Faux !

Certain auteurs roux avancent le chiffre de 250 morts de 1914 à 1918, causées par des élongations et de malheureux claquages pelviens. Certes, j’admets que le haut commandement n’a pas suffisamment insisté sur la nécessité de faire des étirements tout en douceur avant de partir à l’assaut. Mais pour le reste, on sait aujourd’hui que plus de 7 000 soldats sont morts pendant la guerre. Le chiffre officiel est donc largement sous-estimé.

2) Pendant la guerre, on mangeait bien. Faux !

Un consensus consternant existe aujourd’hui parmi les historiens. Je cite H. Vergne :

Les hommes, éloignés de leur femme souvent piètre cuisinière, pouvaient enfin se délecter au front : baguette fraîche, pâté de canard, poulet, taboulé libanais, quiche savoyardes, etc… sans compter le champagne dégusté par nos héros le soir après une dure journée.

Rien de ceci n’est vrai. Rappelons que le menu typique d’un poilu se composait : d’œufs mimosa en entrée, d’une andouillette troyenne (fournie par l’Allemagne) accompagnée de pommes de terre et d’une petite compote pomme ou poire, au choix. La ration journalière quotidienne s’élevait certes à 3500 kcal, mais il ne s’agit guère d’un repas de fête. J’entends déjà mes détracteurs me parler de » l’affaire des buns au jambon » : alors oui, les officiers intégrèrent ces petites boules de pâte fourrées au jambon pour améliorer le quotidien. Mais c’était qu’une fois par semaine les buns, alors bon.

3) La guerre est une expérience très facilement valorisable sur son CV. Vrai et faux !

Terminons cette mise au point par le retour à la vie civile en 1919. De nombreux soldats démobilisés, forts de leur expérience au front, purent mettre en avant cette expérience dans leur CV. Et du coup, beaucoup devinrent cadres, managers de projet ou responsables dans l’événementiel. On pense évidemment au cas de Sylvain Miarte qui fonda avec succès son entreprise fabriquant de petits chats en porcelaine à destination du marché asiatique. Il explique que  » sans la guerre, je n’aurais jamais eu le courage de lancer mon entreprise, en particulier dans un domaine aussi concurrentiel « . Mais ce n’est pas le cas de tout le monde, croyez-nous sur parole, on sait parfaitement de quoi on parle.

Conclusion : la première guerre mondiale ne fut pas tellement agréable, en tout cas pas plus qu’une autre période. Globalement la vie est assez ennuyeuse, et ce n’est pas un conflit armé qui change grand chose. Il faut toujours se lever la nuit pour aller aux toilettes et aller chercher le pain le matin.

Publicités

Une réflexion sur “La première guerre mondiale fut-elle vraiment agréable ?

  1. Pingback: Morts pour des pims : l’affaire du soldat indigne | L'histoire crue

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s